La Fonderie de Bretagne placée en redressement judiciaire,

La Fonderie de Bretagne en redressement judiciaire : « Il est grand temps qu’Europlasma quitte l’entreprise »

Après l’annonce de son placement en cessation de paiements et l’ouverture prochaine d’une procédure de liquidation judiciaire, la direction a convoqué un Comité social et économique extraordinaire, ce mardi 30 juin 2026. Les salariés, qui ont vu leurs espoirs douchés depuis un an, se retrouvent dans une situation préoccupante.

La Fonderie de Bretagne, située à Caudan dans le Morbihan, compte 250 salariés. Reprise en 2025 par le groupe Europlasma, l’entreprise est à nouveau sous le coup d’un redressement judiciaire. Maël Le Goff, secrétaire du syndicat CGT, a déclaré après la réunion : « On a dit qu’on était favorable à cette procédure. Il est grand temps qu’Europlasma quitte la Fonderie de Bretagne. » Il a également critiqué Jérôme Garnache, PDG d’Europlasma, affirmant qu’il a « réussi à nous mentir cinq fois en une demi-heure de réunion ».

Les employés doivent revenir à la fonderie le 6 juillet 2026, mais ils ne savent pas s’ils disposeront des matières premières nécessaires pour travailler, étant toujours en attente de livraison en raison de problèmes de paiement. Cette paralysie s’explique par le manque de liquidités d’Europlasma, comme l’a souligné Le Goff : « C’est parce qu’en fait, Europlasma n’avait pas d’argent. »

Le dossier de redressement judiciaire sera déposé au Tribunal de commerce de Lorient entre le 3 et le 17 juillet. En avril 2025, Europlasma avait promis d’investir 15 millions d’euros sur trois ans pour diversifier la production, mais ces engagements n’ont pas été tenus. La fonderie, anciennement une filiale de Renault, devait se reconvertir pour fabriquer des corps creux destinés à des obus, avec un objectif de 750 000 unités en 2026.

Un incendie survenu en janvier 2026 a également gravement affecté la production. La reprise du travail, initialement prévue pour le 1er juillet 2026, a été sans cesse repoussée. Eric Guyomard, un autre délégué syndical CGT, a exprimé ses inquiétudes concernant les salaires des employés, prévus pour le 1er juillet, mais incertains en raison de la situation financière.

Les salariés souhaitent « sauver l’entreprise avec un autre repreneur », comme l’a expliqué Franck Carpentier, l’avocat des salariés. Ils demandent également que Jérôme Garnache soit dessaisi de ses pouvoirs d’administration.

Loïg Chesnais-Girard, président de la Région Bretagne, a exigé de la clarté sur la situation : « S’il existe un repreneur sérieux, la Région sera au rendez-vous pour faire aboutir cette solution. » Le député Les Écologistes du Morbihan, Damien Girard, a proposé que l’État prenne en charge la fonderie pour asr son développement industriel, soulignant l’importance d’un repreneur solide.

Source : France 3 Régions.

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