Quand on veut, on peut : Rachid Sekkar, ancien pizzaiolo, démarre un doctorat
Né à Pissevin il y a 44 ans, Rachid Sekkar s’apprête à entamer un doctorat international entre la France et le Canada, avec pour objectif de devenir professeur d’université. « Ce que je réussis aujourd’hui n’est pas une réussite en soi, c’est une étape vers mon objectif », déclare-t-il.
Son parcours est atypique. Après avoir abandonné des études de commerce international pour des raisons financières, il devient livreur de pizzas avant d’ouvrir sa propre pizzeria à Pissevin. Par la suite, il acquiert une boucherie à Remoulins. Pendant plusieurs années, il travaille jusqu’à 120 heures par semaine. En parallèle, il s’engage dans le monde associatif, notamment en tant que membre fondateur de l’association Humanîmes, une expérience qui nourrit sa réflexion sur la jeunesse et l’éducation populaire. « J’ai eu peur de ce que je voyais autour de moi. Je me suis demandé ce que je voulais transmettre », confie-t-il.
En 2022, Rachid Sekkar ferme ses deux commerces et reprend le chemin des études. Grâce à la validation de son expérience professionnelle, il intègre directement un master. En quatre ans, il obtient deux masters tout en travaillant comme formateur, puis à l’IMF d’Avignon, et enfin comme coordinateur d’un domaine de formation. Actuellement ingénieur d’études à l’Université de Nîmes, il prépare une thèse en sciences de l’éducation sur les situations sensibles rencontrées par les professionnels du travail social. Son doctorat sera encadré par des chercheurs français et canadiens de renom.
Rachid Sekkar souhaite transmettre un message fort : « Oui, on peut reprendre ses études à 44 ans. Mais ce n’est pas facile. Quand on veut faire quelque chose, on peut y arriver, à condition d’accepter les sacrifices et d’aller l’arracher avec les dents. »
Source : Midi Libre
