47 millions de galaxies analysées. L'univers n'est pas identique dans toutes les directions

Une hypothèse fondamentale de la cosmologie remise en question

Une étude récente remet en cause une hypothèse essentielle de la cosmologie moderne. En analysant une carte de 47 millions de galaxies réalisée par l’instrument DESI (Dark Energy Spectroscopic Instrument), deux astronomes ont découvert que l’univers n’est pas uniforme dans toutes les directions, même à des échelles bien plus grandes que celles prévues par les théories actuelles. Ces résultats sont publiés dans la revue Nature.

Contexte factuel

Le principe cosmologique repose sur l’idée que, à grande échelle, la matière dans l’univers est répartie de manière homogène et isotrope. Cela signifie que l’univers devrait apparaître identique quelle que soit la direction d’observation. Ce principe est basé sur la notion copernicienne selon laquelle aucun observateur n’est privilégié.

Cependant, des observations à plus petite échelle montrent déjà des irrégularités, telles que des filaments de galaxies et de vastes vides. Le modèle standard de la cosmologie prédit que ces irrégularités s’atténuent à des échelles plus grandes, laissant place à une distribution statistiquement uniforme.

Données ou statistiques

L’instrument DESI a cartographié 47 millions de galaxies sur une distance de 11 milliards d’années-lumière. Les chercheurs, Francesco Sylos Labini et Marco Galoppo, ont utilisé une méthode statistique sans paramètre pour analyser cette carte. Ils ont découvert une structure anisotrope persistante jusqu’à des échelles de l’ordre du gigaparsec, soit environ 3 milliards d’années-lumière. Ce résultat est 1 000 fois plus grand que les études précédentes qui avaient déjà suggéré une anisotropie à l’échelle du mégaparsec.

Conséquence directe

Ces résultats remettent en question l’hypothèse d’isotropie à grande échelle. Les auteurs de l’étude soulignent que leurs découvertes contredisent le principe cosmologique standard, qui stipule une homogénéité et une isotropie statistiques. Cependant, elles restent compatibles avec le principe copernicien, qui ne nécessite pas l’absence de lieux d’observation privilégiés.

Cette recherche ouvre la voie à de nouvelles explorations concernant les équations d’Einstein et l’intégration des inhomogénéités à grande échelle, ainsi qu’à une possible réévaluation des propriétés de la matière noire.

Source : Nature

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