Au Samu social agricole, un bras de fer se joue entre les

Au Samu social agricole, un bras de fer se joue entre les « historiques » gersois et le national

Fondé dans le Gers en 1993, le Samu social agricole est aujourd’hui en proie à des divisions internes. Des assemblées générales concurrentes, des contestations de décisions et des visions divergentes quant à l’avenir de l’association ont ouvert un conflit au sein de l’organisation.

Le climat est tendu entre les partisans du Samu social agricole « historique » et l’organisation nationale. Des assemblées, des contre-assemblées, des courriers recommandés à la préfecture, des contestations de procurations sur les comptes bancaires de l’association, et des démissions retirées sont au cœur de cette dispute. Chaque partie revendique la légitimité de ses actions.

Une histoire d’abord gersoise

Depuis sa création, le Samu social agricole (SSA) soutient les agriculteurs confrontés à des difficultés économiques, financières, juridiques ou administratives. L’organisation offre une assistance juridique et financière, favorisant la recherche de solutions amiables pour garantir la pérennité des exploitations, même lors de procédures de redressement ou de liquidation judiciaire. Initialement connu sous le nom de Comité départemental de désendettement des agriculteurs (CDDA 32), le SSA, bien qu’ancré dans le Gers, a élargi son périmètre.

Tensions au sommet

En 2020, le SSA a évolué pour devenir le Samu social agricole national (SSAN), ce qui a entraîné l’arrivée de nouvelles têtes et de nouvelles perspectives sur l’action de l’organisme. Des tensions se sont intensifiées autour du dossier de la tuberculose bovine entre les deux coprésidents, Michel Bini, cofondateur du SSAN, et Philippe Grégoire, éleveur dans le Maine-et-Loire. Michel Bini affirme que Philippe Grégoire a démissionné par courrier, mais a ensuite fait marche arrière. Pendant ce temps, des vérifications des comptes ont révélé que la procuration ne couvrait qu’un seul des coprésidents, déclenchant une crise qui a abouti à la révocation du trésorier lors d’une assemblée générale.

Assemblée contre assemblée

Les membres du SSAN « non gersois » ont réagi en tenant une assemblée générale extraordinaire dans le fief de Philippe Grégoire, à Chanzeaux (Maine-et-Loire). Les Gersois jugent illégitimes les dirigeants élus lors de cette assemblée. Philippe Grégoire soutient que cette élection a été validée par la préfecture et que plus de 50 % des adhérents ont demandé la tenue de cette assemblée. Il souligne la difficulté des « historiques » à s’adapter à la dimension nationale du Samu social agricole, qui compte désormais des adhérents de diverses régions, y compris la Corse et le Morbihan.

En somme, le destin du Samu social agricole, qui a vu le jour dans le Gers, semble désormais se jouer à une échelle nationale, exacerbant les clivages entre les anciennes et nouvelles générations de dirigeants.

Source : La Dépêche

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