Canicule : des pertes agricoles massives en France
Production de lait, élevages de volaille, cultures de plein champ, vignobles, des pans entiers de l’agriculture ont été mis à mal par la canicule qui a fait suffoquer la France du 20 au 27 juin.
À 06h30 du matin, la chaleur était déjà accablante dans la chèvrerie de Gildas Louis à Thauvenay, dans le Cher, où il faisait 27 degrés. Les chèvres, bien que toujours productives, montrent des signes d’inappétence, entraînant une perte de production de 20 à 30 litres de lait par jour pour un troupeau de 200 bêtes, selon Laura Bonnotte, salariée en charge de la traite. Les animaux respirent par la bouche, un comportement anormal, et souffrent de la chaleur.
Gildas Louis, gérant de l’exploitation, ne note pas d’impact sur la qualité du lait, mais s’inquiète des quantités. Il souligne que la canicule pourrait entraîner un changement durable dans les habitudes alimentaires des chèvres, affectant ainsi leur production future.
Les volailles, quant à elles, subissent des pertes encore plus sévères. Maxime Buizard, président de la chambre régionale d’agriculture, rapporte une augmentation de 40 % de la mortalité par rapport à une semaine normale de juin, période déjà critique pour les élevages. Les éleveurs anticipent une pénurie de fourrage de 25 à 30 % pour l’été, combinée à une baisse instantanée de la production laitière de 20 % pour les vaches.
Les cultures agricoles ne sont pas épargnées. Après un premier épisode de chaleur en mai, les moissons ont été avancées, et les rendements sont en chute libre. Les prévisions indiquent une diminution de 30 à 40 % de la production de colza, ainsi qu’une baisse de 20 à 30 % pour le blé tardif et l’orge.
Dans les vignobles, les effets sont tout aussi alarmants. Alexandre Moreau, vigneron bio à Cravant-les-Côteaux, constate que ses grappes de raisin sont désormais bicolores, avec des fruits ayant grillé sous le soleil. Christophe Baudry, également vigneron, souligne que cette année, il n’a jamais vu une telle intensité de chaleur, ce qui génère un stress hydrique sur les vignes.
Les vendanges, qui devraient commencer trois semaines plus tôt que l’année précédente, posent également des défis logistiques pour les agriculteurs, notamment en ce qui concerne la disponibilité des saisonniers.
La situation actuelle met en lumière la vulnérabilité croissante du secteur agricole face aux aléas climatiques, soulignant la nécessité d’adapter les pratiques pour préserver la production.
Source : France 3 Régions
