« On vous demande une peine d’anéantissement » : L’avocat de Christophe Andreani plaide pour une lumière au procès en appel
Les plaidoiries se poursuivent devant la cour d’assises spéciale des Bouches-du-Rhône. Ce lundi 29 juin, Maître Julien Pinelli, avocat de Christophe Andreani, a requis une peine de 30 ans de prison avec deux tiers de sûreté contre son client, accusé notamment d’assassinat en bande organisée.
Christophe Andreani, 39 ans, fait face à six chefs d’accusation, dont l’assassinat en bande organisée, dans le cadre d’un procès qui se déroule à Aix-en-Provence depuis près de deux mois. Il est également soupçonné d’avoir incendié la voiture qui a permis au tireur de quitter les lieux du double assassinat survenu le 5 décembre 2017 à l’aéroport de Bastia-Poretta, où Antoine Quilichini et Jean-Luc Codaccioni, figures du banditisme corse, ont été tués.
Lors des réquisitions, les avocates générales ont demandé 30 ans de réclusion criminelle, sans retenir la complicité dans les assassinats, considérant Andreani comme coauteur des crimes. Me Pinelli, tout en acceptant l’accusation d’association de malfaiteurs, a fermement réfuté la coaction, affirmant que son client n’était pas présent sur les lieux du crime.
Pour soutenir sa défense, l’avocat a cité les propos d’une directrice d’enquête qui a exprimé des doutes sur la présence d’Andreani à l’aéroport. Il a également fait référence à des éléments de bornage du téléphone de son client, qui montrent qu’il était à Biguglia à 9 heures, puis de nouveau localisé à 11h44 près du lieu de crémation de la voiture, 21 minutes après les coups de feu.
Me Pinelli a questionné la pertinence de la coaction, suggérant que le sort des victimes n’aurait pas changé si Andreani avait choisi de ne pas intervenir après les faits. Il a également contesté l’idée de complicité, affirmant que son client n’avait pas aidé à l’exfiltration du tireur, mais avait seulement participé à la destruction du véhicule.
L’avocat a plaidé pour une requalification des accusations, suggérant des charges telles que « participation à la destruction de moyen de preuve » et « recel de malfaiteurs ». Il a conclu en demandant à la cour de ne pas infliger une peine « d’anéantissement », mais plutôt une peine qui permettrait à son client de garder une « lucarne de lumière ».
En première instance, Christophe Andreani avait été condamné à 25 ans de réclusion criminelle, dont 13 années de sûreté.
Source : France 3 Régions.
