Un indice de vie ancienne sur Mars ? Perseverance détecte une concentration record de carbone organique dans le cratère Jezero

Un indice de vie ancienne sur Mars ? Perseverance détecte une concentration record de carbone organique dans le cratère Jezero

Une équipe dirigée par la planétologue Ashley Murphy, du Planetary Science Institute, a annoncé en juin 2026 dans la revue Science Advances avoir détecté la plus forte concentration de molécules carbonées jamais relevée sur Mars, dans le cratère Jezero. Ces composés, qui forment la base chimique de tout être vivant connu, ne prouvent cependant pas à eux seuls l’existence d’une vie passée. Le carbone organique martien se concentre dans d’anciennes boues déposées par une rivière, au pied d’un affleurement soupçonné d’abriter des traces de microbes.

Un record de molécules dans les boues de Jezero

Le rover Perseverance explore le cratère Jezero depuis février 2021, sur un sol qui a été autrefois balayé par des rivières et recouvert par un lac, il y a des milliards d’années. C’est dans une formation rocheuse nommée Bright Angel, au creux d’une ancienne vallée fluviale, qu’il a foré les boues les plus prometteuses de sa mission.

À l’aide de son instrument SHERLOC, un spectromètre conçu pour détecter les composés organiques, le robot a cartographié un carbone macromoléculaire, c’est-à-dire de grosses molécules carbonées entrelacées. Ce type de carbone est un assemblage complexe, difficile à produire sans une chimie élaborée. Les mes, publiées dans Science Advances, comptent des centaines de détections, une première dans ce cratère. En comparant ces données avec celles du rover Curiosity, situé à 3 700 kilomètres, les chercheurs concluent que l’eau a probablement influencé de vastes régions de Mars.

Pourquoi ce carbone organique martien intrigue autant

Le carbone se trouve en compagnie de roches appelées Cheyava Falls et Walhalla Glades, qui contiennent du fer, du soufre et du phosphore, un mélange capable de fournir de l’énergie à des micro-organismes. De plus, des taches sombres sur ces roches, semblables à des marques de léopard, indiquent des réactions d’oxydoréduction, souvent déclenchées par des bactéries sur Terre. C’est ce type de réactions qui soutient de nombreux micro-organismes terrestres.

Un an plus tôt, l’analyse de ces mêmes roches avait conduit la NASA à évoquer l’un des indices de vie ancienne les plus clairs jamais observés sur la planète rouge. Le nouveau travail élargit cette observation à tout l’affleurement, suggérant que l’érosion a probablement exposé un carbone peu altéré, c’est-à-dire qui n’a pas eu le temps de se dégrader depuis sa mise à l’air libre.

Une preuve de vie encore hors de portée

Néanmoins, les chercheurs n’ont pas encore tranché. Selon Ashley Murphy, ce carbone pourrait provenir soit de microbes fossilisés, soit d’un impact de météorite, soit d’une simple circulation d’eau, sans organisme. Pour trancher entre ces hypothèses, il sera nécessaire d’examiner un échantillon en laboratoire sur Terre, une tâche que les instruments du rover ne peuvent pas réaliser. La moindre contamination terrestre pourrait fausser l’analyse, ce qui incite les spécialistes à la prudence.

Le retour de l’échantillon de Cheyava Falls était prévu pour 2030, grâce à une mission américano-européenne actuellement à l’arrêt. Ce retard ouvre la voie à la Chine, dont la sonde Tianwen-3, attendue au plus tôt en 2028, pourrait rapporter les premiers échantillons martiens. Bien que cette mission vise un site moins prometteur que Jezero, elle pourrait arriver la première.

Source : Science Advances

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