Voici la différence essentielle entre démence sénile et Alzheimer que beaucoup confondent encore
Dans les salles d’attente comme dans les conversations familiales, les termes « démence sénile » et « Alzheimer » sont souvent mélangés, entraînant confusion et désinformation. Une mauvaise utilisation de ces mots peut retarder une prise en charge qui pourrait s’avérer cruciale.
À l’échelle mondiale, près de 60 millions de personnes vivent avec un syndrome démentiel, la maladie d’Alzheimer représentant la majorité des cas. En France, environ 1,4 million de personnes sont concernées, un chiffre qui pourrait dépasser les 2 millions d’ici 2050.
Démence, Alzheimer, sénilité : des mots à ne pas confondre
Les expressions « démence sénile » et « sénilité » sont de plus en plus contestées. Elles sous-entendent qu’un déclin de la mémoire est un aboutissement naturel de l’âge, ce qui est inexact. Même à un âge avancé, le vieillissement ne justifie pas tous les troubles de la mémoire.
Oublier un rendez-vous ou confondre les prénoms de ses petits-enfants est courant. En revanche, perdre complètement ses repères et ne plus reconnaître ses proches relève d’un trouble pathologique qui nécessite une attention spécifique.
Le terme « démence » désigne un ensemble de symptômes, incluant des altérations de la mémoire, du jugement, du langage et de l’orientation. Ce n’est pas une maladie en soi. La maladie d’Alzheimer représente entre 60 et 70 % des cas de démence, suivie par la démence d’origine vasculaire et d’autres formes moins fréquentes.
Vieillissement normal ou pathologie : où est la frontière ?
Le vieillissement s’accompagne de désagréments tels qu’une mémoire moins vive ou des gestes plus lents, liés à des facteurs biologiques et environnementaux. En revanche, le syndrome démentiel perturbe gravement l’autonomie et s’accompagne de troubles émotionnels et comportementaux.
Trois stades jalonnent l’évolution d’une maladie neuro-évolutive. Dans les premiers stades, des oublis inhabituels et des troubles légers du langage peuvent survenir, tandis qu’au stade intermédiaire, la mémoire récente fléchit et la perte d’autonomie devient manifeste. Au stade avancé, la dépendance est presque totale.
Des causes multiples
Les origines de la démence sont variées : maladies neurodégénératives, accidents vasculaires cérébraux, traumatismes crâniens ou troubles métaboliques. La maladie d’Alzheimer est causée par une dégénérescence progressive des neurones, souvent liée à l’accumulation de plaques amyloïdes et de protéine tau dans le cerveau.
Certaines affections, comme des dépressions sévères ou des carences nutritionnelles, peuvent imiter les symptômes de la démence tout en étant réversibles, ce qui souligne l’importance d’un diagnostic rigoureux.
Diagnostiquer tôt pour mieux agir
Le diagnostic ne se limite pas à un test de mémoire. Il inclut observation, tests neuropsychologiques et imageries cérébrales. Le médecin généraliste joue un rôle clé dans l’orientation vers des spécialistes, si nécessaire.
Un diagnostic précoce permet d’accéder à des traitements, d’organiser le quotidien, et de préparer l’avenir, notamment en termes de protection juridique ou d’adaptation du logement.
Traiter et accompagner
Actuellement, la plupart des syndromes démentiels n’ont pas de remède curatif. Les traitements disponibles visent à ralentir l’évolution des symptômes. Quatre médicaments principaux sont utilisés pour la maladie d’Alzheimer : donépézil, rivastigmine, galantamine et mémantine.
Prévenir, c’est possible
Bien que l’âge et les facteurs génétiques soient inévitables, d’autres éléments peuvent influencer l’apparition ou la gravité des symptômes. Une activité physique régulière, une alimentation équilibrée et une stimulation intellectuelle peuvent réduire le risque de développer ces troubles.
Changer les mots, changer le regard
Certaines nations, comme le Japon ou le Canada, ont abandonné le terme « démence » pour des raisons éthiques. En France, la tendance est de nommer les maladies de manière plus précise afin de réduire la stigmatisation associée à ces termes.
Pour toute préoccupation concernant des troubles de la mémoire ou du comportement, il est recommandé de consulter un médecin généraliste.
Source : Futura Sciences
