Intrusions de drones dans les pays baltes : Moscou échoue à diviser l’Ukraine et ses alliés
En Estonie, en Lettonie et en Lituanie, une série d’intrusions de drones de combat ukrainiens dans l’espace aérien des pays baltes suscite une inquiétude croissante. Ces événements, survenus ces dernières semaines, soulèvent des questions sur les capacités de réponse sécuritaire de ces nations.
Les pays de l’Otan soupçonnent la Russie de tenter de détourner des drones ukrainiens afin de semer la discorde parmi les soutiens de Kiev. Cependant, cette stratégie semble avoir échoué. Récemment, les nations européennes, en particulier celles du Nord et de la Baltique, ont réaffirmé leur soutien indéfectible à l’Ukraine. Dans une déclaration conjointe, huit pays européens ont rejeté « catégoriquement la campagne de désinformation flagrante menée par la Russie et ses accusations forgées de toutes pièces ».
Les incidents se sont multipliés : restrictions de vol temporaires, et un drone abattu au-dessus de l’Estonie par un F-16 roumain en mission pour l’Otan. En Lituanie, le trafic aérien a été suspendu à l’aéroport de Vilnius, et les parlementaires ont été contraints de se réfugier dans des abris souterrains après une alerte aux drones.
Démission du gouvernement lettonien
La Lettonie a également été touchée par des incursions répétées. Deux drones ont frappé des installations pétrolières, entraînant une crise politique et la démission, en mai, de la Première ministre Evika Silina, suite à des critiques sur la capacité de la Lettonie à protéger son espace aérien.
Les soupçons se portent sur des drones ukrainiens à longue portée, déviés vers l’espace aérien de l’Otan par des systèmes russes de guerre électronique. Kiev mène depuis plusieurs mois une campagne de frappes en profondeur contre des infrastructures énergétiques en Russie.
Guerre électronique
Pour contrer ces attaques, Moscou utilise des dispositifs de brouillage et de leurrage des signaux de navigation par satellite, modifiant la trajectoire des drones sans que leurs pilotes ne s’en rendent compte. Le Kremlin a tenté d’exploiter politiquement ces incidents, accusant les pays baltes d’avoir permis à l’Ukraine d’utiliser leur espace aérien pour frapper la Russie, tout en menaçant de représailles. Ces accusations ont été catégoriquement rejetées par les gouvernements estonien, letton et lituanien.
Le secrétaire général de l’Otan, Mark Rutte, a déclaré que « si des drones proviennent d’Ukraine, ce n’est pas parce que l’Ukraine voulait en envoyer un en Lettonie, en Lituanie ou en Estonie », soulignant que leur présence est due à l’agression russe.
Sécurité collective
La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a qualifié les menaces de Moscou envers les pays baltes de « totalement inacceptables », rappelant qu’une menace contre un État membre de l’UE équivaut à menacer l’ensemble du bloc. Les autorités ukrainiennes ont présenté des excuses pour les incidents impliquant des drones perdus, tout en défendant la légitimité de leurs frappes.
Malgré les tentatives de déstabilisation de la Russie, Tallinn, Vilnius et Riga restent fermes dans leur soutien à l’Ukraine. Le ministre estonien de la Défense, Hanno Pevkur, a souligné que soutenir l’Ukraine « n’est pas de la charité, c’est un investissement dans notre propre sécurité ».
Source : L’Express
