Des associations œuvrant pour le retour à l’emploi dénoncent un désengagement de l’État

Désengagement de l’État : les associations en première ligne face aux coupes budgétaires

Durant l’été 2024, la Direction régionale de l’économie, de l’emploi, du travail et des solidarités (DREETS) a lancé un appel à manifestation d’intérêt (AMI) intitulé « Offre de repérage et de remobilisation ». Cet AMI vise à réaliser des actions en direction d’un public très éloigné de l’emploi sur une période de trois ans, dans le cadre de la loi pour le plein-emploi votée en décembre 2023, qui ambitionne de faire descendre le taux de chômage en France autour de 5 %.

À la suite d’un autre AMI lancé en 2025, cinq programmes lauréats ont été mis en œuvre en Maine-et-Loire, mobilisant un total de 20 associations. Cependant, le 22 mai dernier, une annonce de diminution des budgets prévus, s’élevant à 236 000 euros pour l’année en cours, a suscité des inquiétudes quant à l’interruption de certaines actions. Les porte-paroles de ces associations estiment que la DREETS ne fait que relayer une décision prise au niveau national.

Dans le cadre des deux AMI, cinq consortiums de 20 associations ont été créés, en collaboration avec les employeurs et les acteurs économiques. Ces associations s’adressent à divers publics, notamment les personnes de plus de 25 ans éloignées de l’emploi, celles en situation de handicap psychique, ainsi que les individus peu ou pas qualifiés dans des zones de revitalisation rurales.

Christophe Gabillard, directeur du pôle Famille, logement, solidarités de l’UDAF 49, a déclaré que les coupes budgétaires annoncées en mai varient de 10 à 23 % selon les programmes, représentant un total de 236 000 euros. À ce stade de l’année, une partie des ressources a déjà été consommée, et les actions doivent se poursuivre avec un budget réduit. Les versements sont effectués en deux fois : un acompte de 40 % en début d’année, puis le solde en fin d’année. Au niveau régional, la baisse pourrait atteindre jusqu’à 900 000 euros pour 2026.

Les porte-paroles des associations dénoncent des « coupes budgétaires immédiates et brutales », redoutant des conséquences « dévastatrices ». Certains programmes ont dû être suspendus, entraînant des cessations de paiements et des suppressions de postes. Ils soulignent que ce sont les publics vulnérables qui seront les premières victimes de cette situation. Les associations critiquent une méthode jugée brutale et sans concertation, évoquant une forme de « maltraitance institutionnelle ».

Un courrier a été adressé le 16 juin dernier au ministre du Travail et des solidarités, avec une copie envoyée au préfet de Maine-et-Loire et aux parlementaires du département. Les associations concernées procèdent actuellement à des arbitrages pour tenter de maintenir certaines actions tout en suspendant d’autres.

Source : DREETS

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