Canicule : pourquoi le bilan des décès de juin ne sera pas immédiat
Santé Publique France a signalé une surmortalité d’environ 1 000 décès supplémentaires depuis le 24 juin, date à laquelle des températures records ont été enregistrées en France. Cependant, ces données préliminaires sont incomplètes et pourraient être sous-estimées.
Les chiffres actuels proviennent principalement de la remontée des certificats électroniques de décès, qui ne couvrent habituellement qu’environ 60 % de la mortalité nationale. La collecte des données varie considérablement selon les régions et les lieux de décès. Par exemple, environ 80 % des décès en milieu hospitalier sont enregistrés, contre seulement 45 % pour les établissements d’hébergement pour personnes âgées dépendantes (Ehpad) et 25 % pour les décès à domicile. Cette lacune dans la collecte des données soulève des inquiétudes, notamment en ce qui concerne les décès survenus à domicile, où SOS Médecins a rapporté une augmentation de 3,5 fois des constats de décès lors de visites.
En outre, les effets différés de la chaleur compliquent l’évaluation des conséquences sanitaires. Malgré une baisse des températures, le Conseil national de l’Ordre des médecins a averti que les personnes vulnérables, telles que les personnes âgées ou celles souffrant de maladies chroniques, pourraient continuer à souffrir d’effets néfastes sur leur santé pendant plusieurs jours après la canicule.
Des données plus précises devraient être publiées dans les deux semaines suivant la fin de l’épisode caniculaire. Selon les pratiques antérieures, un point épidémiologique incluant une première estimation de l’excès de mortalité sera disponible 15 jours après la fin de chaque épisode de canicule. Toutefois, il faudra plusieurs mois pour obtenir un bilan définitif des décès directement attribuables à la chaleur.
Ces informations mettent en lumière les défis liés à la collecte de données sur la mortalité pendant des épisodes de chaleur extrême, soulignant l’importance de méthodes de suivi plus complètes pour évaluer avec précision l’impact de la canicule sur la santé publique.
(Source : Santé Publique France)
