Fais attention, tu vas tomber : ces phrases anxiogènes que les parents répètent sans réfléchir

Les phrases telles que « Fais attention », « Tu vas tomber », « C’est dangereux » ou « Tu es trop petit pour ça » sont souvent prononcées par les parents sans véritable réflexion. Ces injonctions, héritées de générations passées, sont des réflexes de protection. Selon la psychologue Adèle Zamblé Bi, ces expressions sont le résultat d’un biais de négativité, où le cerveau adulte, axé sur la survie, anticipe le pire scénario pour maintenir une illusion de contrôle face aux risques potentiels pour les enfants.

Ces phrases, bien que motivées par une intention protectrice, peuvent avoir des effets contre-productifs. Pour un jeune enfant, une expression comme « fais attention » est trop abstraite et ne lui donne pas d’indication claire sur ce qu’il doit faire. Par ailleurs, l’alerte « tu vas tomber » peut saturer son esprit avec l’image d’une chute, augmentant ainsi le risque qu’elle se produise. L’enfant perçoit également l’état de stress de ses parents, ce qui peut exacerber son propre stress et nuire à sa concentration.

Les risques à long terme

Les conséquences de ces alertes répétées peuvent être préoccupantes. Si un enfant grandit dans un environnement où chaque prise de risque est immédiatement contrée par une phrase anxiogène, son système nerveux peut rester en état de vigilance permanent. Cela peut entraîner une réduction de son autonomie et de sa confiance en soi, car il n’a pas l’occasion de tester ses capacités.

Par quoi remplacer ces phrases ?

L’objectif n’est pas de supprimer toute forme d’avertissement, mais plutôt d’évaluer la situation de manière constructive. Selon Adèle Zamblé Bi, il est essentiel d’apprendre à l’enfant à observer, évaluer et décider par lui-même. Par exemple, au lieu de dire « tu vas tomber », on pourrait demander : « As-tu vérifié que la branche est solide avant de monter dans l’arbre ? » Cela permet de canaliser la curiosité naturelle de l’enfant tout en lui offrant un cadre sécurisant.

Comment travailler sa propre anxiété ?

Les parents sont également encouragés à réfléchir à leurs propres émotions. La psychologue invite à se poser la question suivante : « Est-ce que mon enfant est réellement en danger, ou est-ce que je ressens une surcharge émotionnelle ? » Reconnaître ses propres déclencheurs, comme la fatigue ou la pression sociale, est crucial pour éviter de projeter son anxiété sur l’enfant. Par exemple, exprimer « Je me fais du souci quand tu grimpes aussi haut » est plus honnête que de dire « tu vas tomber ».

En somme, il est essentiel de devenir un filet de sécurité plutôt qu’une alarme, permettant ainsi à l’enfant de se concentrer sur ses actions sans être submergé par la peur.

Source : Parents.fr

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