Menacé d’extinction, ce poisson fantôme a été observé en Normandie

Menacé d’extinction, ce poisson fantôme a été observé en Normandie

Sur les bords de la Sélune (Manche), reportage

Dans la nuit du 20 au 21 mai, des bénévoles et naturalistes se sont rassemblés pour tenter d’observer la grande alose (Alosa alosa), un poisson migrateur menacé d’extinction. Ce poisson argenté, pouvant atteindre 70 cm, vit en mer et remonte les fleuves pour se reproduire au printemps. Son retour dans la Sélune pourrait être favorisé par l’effacement récent des barrages de Vezins et de La Roche-qui-Boit, achevé entre 2020 et 2023, qui a permis de rouvrir près de 90 km de rivière aux poissons migrateurs.

Maxime Potier, de l’association Seine-Normandie Migrateurs, a déclaré que plus d’une vingtaine de cadavres de grandes aloses ont été retrouvés dans la Sélune au cours des deux dernières années, malgré le fait que cette espèce n’était pas initialement ciblée par les études de l’Inrae, l’Institut national de recherche pour l’agriculture, l’alimentation et l’environnement.

Les observations de la grande alose sont complexes. Elle se cache dans les zones profondes, rendant difficile son repérage. Les naturalistes utilisent des enregistreurs automatiques pour évaluer le nombre de poissons qui viennent se reproduire dans la rivière. Les premiers résultats montrent un retour rapide d’autres espèces migratrices, telles que le saumon atlantique et l’anguille européenne.

La grande alose a été classée « en danger critique d’extinction » en France depuis 2019. Les effectifs ont chuté de manière alarmante, passant de 370 000 individus en 1996 dans le bassin Gironde-Garonne-Dordogne à seulement 13 000 par an entre 2015 et 2020. En 2024, les comptages ont montré que les effectifs ne représentaient que 5 % des niveaux historiques.

La dégradation des habitats, due à l’extraction de granulats et à la construction de barrages, a gravement impacté les migrations de cette espèce. La prédation par le silure glane, introduit au XIXe siècle, a également contribué à la diminution des populations de grandes aloses.

La recolonisation de la Sélune pourrait être un signe d’espoir pour cette espèce, mais la question demeure : combien de grandes aloses la rivière peut-elle accueillir ? Les efforts de suivi et de protection sont essentiels pour asr leur survie.

Source : Reporterre

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