Luxe : à Gevrey-Chambertin, le groupe Champagne Roederer freiné dans son rachat d'un prestigieux domaine

À Gevrey-Chambertin, le groupe Champagne Roederer freiné dans son rachat d’un prestigieux domaine

Actionnaire du Domaine Pierre Damoy, le Groupe Champagne Roederer devrait reprendre la main à Gevrey-Chambertin. Mais avant de pouvoir gérer ses nouvelles terres, la préfecture a obligé la société marnaise à réaliser des mes compensatoires pour valider l’achat.

C’est une information qui agite depuis quelques jours la commune de Gevrey-Chambertin (Côte-d’Or). En négociations depuis de longs mois, le Groupe Champagne Roederer, qui possède déjà une part minoritaire du Domaine Pierre Damoy, est en passe de finaliser l’acquisition complète du domaine.

Récemment, la préfecture de Côte-d’Or a reçu une demande de la part de l’acheteur pour prendre définitivement le contrôle du Domaine Pierre Damoy. Cette demande a été refusée par les services de l’État, qui exigent des « mes compensatoires » pour valider la transaction, selon Les Echos. La situation suscite des discussions au sein de la commune, car l’exploitant des terres ne souhaitait pas initialement vendre.

Depuis 2021, la loi Sempastous impose que toute acquisition de plus de 40 % d’une exploitation agricole soit validée par la préfecture, surtout lorsque l’acquéreur possède un grand patrimoine viticole. La Confédération des Appellations et des Vignerons de Bourgogne (CAVB) a également exprimé le souhait de revoir cette situation, demandant qu’un quart du vignoble et une partie des grands crus soient remis à la libre exploitation.

Le président de la CAVB, Thiébault Huber, a déclaré : « Les trésors de Bourgogne passent dans les mains d’une faction de gens aisés. » Le Groupe Champagne Roederer devra céder des parcelles de vignoble cultivables pour respecter les exigences réglementaires, notamment en Gironde et dans la région de production du champagne (Marne), ainsi que quelques terrains en Bourgogne.

Malgré cette entente, Huber a exprimé son inquiétude face à la concentration croissante des grandes entreprises dans le secteur viticole. Il a souligné la nécessité d’une réforme fiscale pour aider les enfants de viticulteurs à récupérer leurs terres sans avoir à régler des sommes astronomiques lors des successions.

Le domaine Pierre Damoy a été valorisé entre 300 et 500 millions d’euros, s’étendant sur 9,3 hectares et incluant des appellations prestigieuses comme Clos de Bèze et Chapelle Chambertin.

Ni le Groupe Champagne Roederer ni l’ancien exploitant Pierre Damoy n’ont souhaité répondre à nos questions.

Source : Les Echos

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