Moon Jae-in : L’ancien président sud-coréen devenu libraire
Moon Jae-in, ancien président de la Corée du Sud, a choisi une retraite atypique après son mandat, en ouvrant une librairie indépendante, “Pyeongsan Chaekbang”, dans son village natal du Gyeongsang du Sud. Ce choix fait écho à l’histoire des présidents sud-coréens, dont plusieurs ont été condamnés à des peines de prison après leur mandat. Sur quatorze anciens chefs d’État, cinq ont été traduits en justice, dont Chun Doo-hwan, condamné à perpétuité pour avoir réprimé un soulèvement démocratique en 1980. Conscient de cette réalité, Moon Jae-in avait exprimé son désir de mener une vie plus discrète après sa présidence, souhaitant même être oublié, selon le journaliste Yoshino Makihiro.
La librairie Pyeongsan, qui se distingue par son personnel composé d’anciens hauts fonctionnaires, vise à promouvoir la culture de la lecture. Pendant les années 1970 et 1980, des journalistes censurés ont contribué à une dynamique culturelle essentielle à la démocratisation du pays. Moon Jae-in a déclaré vouloir créer un espace de rencontre et de dialogue entre auteurs et lecteurs.
Pyeongsan Chaekbang fonctionne sur un modèle d’abonnement et organise régulièrement des débats et des concerts. Elle soutient également d’autres librairies indépendantes et bibliothèques, finançant des rencontres avec des écrivains pour un montant de 500 000 wons (environ 285 euros). La librairie achète des livres destinés aux bibliothèques des régions dépeuplées, contribuant à maintenir vivante la culture de la lecture à l’échelle nationale.
En 2025, Moon Jae-in a lancé une chaîne YouTube pour promouvoir ses activités, devenant ainsi le premier ancien président sud-coréen à se lancer dans cette aventure. Actuellement, la librairie compte 13 000 abonnés et attire 20 000 visiteurs par mois, malgré sa situation géographique isolée. Son engagement pour la culture et la lecture se résume dans une citation figurant sur les marque-pages de la librairie : “Je crois en la force du livre. Même progressivement, il est capable de changer le monde.”
Source : Mainichi Shimbun