Washington et Téhéran acceptent de suspendre leurs attaques dans le détroit d’Ormuz
Les États-Unis et l’Iran ont convenu dimanche de cesser les attaques dans le détroit d’Ormuz et de permettre la libre circulation des navires, selon un responsable américain ayant requis l’anonymat. Cependant, l’Iran n’a pas encore confirmé l’existence de cet accord. Cet arrêt des frappes pourrait ramener le calme sur cette voie maritime stratégique, où des escarmouches ont récemment éclaté à la suite d’une attaque contre un cargo, menaçant ainsi le processus de paix initié le 17 juin dernier avec la signature d’un protocole d’accord par les deux pays.
Les deux parties prévoient de se réunir mardi à Doha, au Qatar, pour régler leur différend concernant le détroit d’Ormuz, après que les discussions initialement prévues en Suisse pour aborder le programme nucléaire iranien ont été redirigées vers cette question cruciale. Nick Stewart, chef de l’équipe technique américaine, devrait participer à ces pourparlers.
Le détroit d’Ormuz est au cœur d’une escalade récente, marquée par des frappes de représailles entre les deux pays, qui s’accusent mutuellement d’avoir violé le cessez-le-feu. Les autorités américaines ont attribué à l’Iran la responsabilité de la reprise des hostilités, indiquant que le pays avait lancé des attaques de drones contre deux navires dans le détroit. L’Iran, quant à lui, n’a pas revendiqué ces frappes mais a réaffirmé son exigence concernant les itinéraires que doivent emprunter les navires.
Téhéran soutient que les navires visés avaient emprunté des voies alternatives, contournant le couloir de passage autorisé par la République islamique. Washington préconise un passage par un couloir méridional le long de la côte d’Oman, tandis que Téhéran souhaite que les navires passent par une voie septentrionale sous son contrôle.
Lors d’une visite à Bagdad, le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, a appelé toutes les parties à ne pas interférer dans la gestion du détroit d’Ormuz, affirmant que le protocole d’accord signé avec les États-Unis conférait à Téhéran le contrôle de cette voie maritime. Il a averti que toute ingérence ou tentative de mettre en place des dispositions nouvelles ne ferait qu’accroître les tensions.
Analystes et experts soulignent que l’escalade récente est due à l’ambiguïté des dispositions du cessez-le-feu, permettant à chaque partie d’interpréter différemment certaines clauses. L’Iran, en continuant d’attaquer des bases américaines dans la région, cherche à montrer qu’il reste en position de force malgré le protocole d’accord.
Source : New York Times, Axios, The Guardian, Al-Jazeera.
