Loi d’urgence agricole : débat au Sénat autour de la réintroduction d’insecticides interdits

Loi d’urgence agricole : débat au Sénat autour de la réintroduction d’insecticides interdits

Le projet de loi d’urgence agricole sera examiné au Sénat à partir du lundi 29 juin. Les discussions s’annoncent particulièrement tendues, notamment en raison de la réintroduction d’insecticides interdits, de mes sur la gestion de l’eau et la défense contre le loup, des sujets qui divisent fortement les partis politiques et les associations.

Adopté à l’Assemblée nationale début juin, ce texte vise à répondre à la mobilisation des agriculteurs, qui avaient manifesté en janvier devant le Palais-Bourbon. Le Sénat, dominé par une coalition de droite et de centristes, prévoit d’élargir certains aspects du projet, notamment en assouplissant les contraintes pesant sur les agriculteurs.

Le Sénat a introduit en commission un volet sur les pesticides, permettant la réintroduction dérogatoire de l’acétamipride et du flupyradifurone, deux insecticides actuellement interdits en France mais autorisés dans d’autres pays européens. Ces mes, issues de la loi Duplomb, avaient été censurées l’an dernier par le Conseil constitutionnel après des mobilisations de l’opposition. Les auteurs espèrent que les modifications apportées permettront de surmonter les objections précédentes.

Les critiques fusent de la part de la gauche, qui parle de « nchère pro pesticides », et d’associations environnementales alarmées par la possibilité de réintroduire des produits jugés dangereux pour la biodiversité et la santé humaine. Le gouvernement, par la voix de la ministre de la Transition écologique, Monique Barbut, s’oppose fermement à ces dispositions, tandis que la ministre de l’Agriculture, Annie Genevard, exprime un certain embarras.

D’autres points de friction concernent la gestion de l’eau, avec des propositions visant à réduire les obligations environnementales liées à la construction d’ouvrages de stockage, ainsi que des mes pour la protection des éleveurs contre le loup, qui incluent la suppression de l’autorisation préalable pour les tirs de défense.

Le gouvernement prévoit de soumettre des amendements pour supprimer plusieurs de ces ajouts. Environ 1 000 amendements ont déjà été déposés, laissant présager des débats prolongés. Une commission mixte paritaire se réunira mi-juillet pour tenter d’aboutir à un texte commun.

Source : La Croix

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