Traumatismes de guerre, infections, amputations… ces hôpitaux d’Occitanie qui se mobilisent pour l’Ukraine

Traumatismes de guerre, infections, amputations… Ces hôpitaux d’Occitanie qui se mobilisent pour l’Ukraine

En mai dernier, une délégation de soignants ukrainiens de l’hôpital régional de Dnipro a été accueillie pendant une semaine au CHU de Montpellier, tandis qu’une équipe du CHU de Nîmes s’est rendue à Tchernihiv. Les besoins en matière de soins, notamment en ce qui concerne les amputations, les traumatismes de guerre et les infections, sont considérables. Depuis le début du conflit, une coopération discrète s’est mise en place sur le front de la santé.

La délégation ukrainienne a suivi un emploi du temps chargé au CHU de Montpellier, comprenant des visites à la pharmacie, au centre d’appels pour avis en infectiologie et au laboratoire de bactériologie, entre le 20 et le 28 mai.

Parallèlement, Aurélie Schandrin, cheffe du pôle de psychiatrie du CHU de Nîmes, était à Tchernihiv avec une équipe de professionnels de santé, incluant urgentistes et psychologues. Une nouvelle délégation ukrainienne est attendue à Nîmes à la rentrée.

Ces initiatives s’inscrivent dans le cadre du programme Santé en Ukraine, piloté par l’agence interministérielle de coopération Expertise France Ukraine. Ce programme soutient les soignants en Ukraine, qui sont engagés dans un conflit qui dure depuis quatre ans, en favorisant les échanges de bonnes pratiques sur la gestion du stress post-traumatique, les amputations et la prévention des infections. Récemment, des blessés du front ont également pu bénéficier de programmes de rééducation dans un établissement de soins de suite.

Montpellier à la pointe sur l’antibiorésistance

Au CHU de Montpellier, le Dr Anke Bourgeois, spécialiste en maladies infectieuses, coordonne les efforts de lutte contre l’antibiorésistance et le contrôle des infections avec l’Ukraine. Elle précise : « La problématique des infections dans un contexte de guerre est fortement soumise à l’afflux de blessés opérés en amont, parfois sur le front. Il y a des mes de prévention à prendre pour réduire les risques d’infection. »

Retours d’expérience

Aurélie Schandrin témoigne des échanges avec les soignants ukrainiens, décrivant des professionnels « extrêmement engagés et dévoués » qui travaillent dans des conditions difficiles, souvent mal rémunérés et avec un accès limité aux traitements. Elle a également rencontré des patients ayant subi des traumatismes psychologiques importants en raison de leur expérience au front.

Les hôpitaux de Tchernihiv, qui ont été bombardés et ont dû s’adapter pour continuer à fonctionner, témoignent des défis quotidiens auxquels sont confrontés les soignants. « Nous avons proposé notre aide dans le domaine de la psychiatrie et du traitement du stress post-traumatique », déclare Schandrin.

Prise en charge des amputés

Le Dr Eric Pantera, médecin en médecine physique et réhabilitation au CHU de Nîmes, collabore avec des confrères de Rivne sur la prise en charge des amputés. Le CHU de Nîmes est un centre expert en Occitanie, parmi cinq établissements sélectionnés en France pour ce type de collaboration. Il a organisé des séminaires d’enseignement à distance sur l’appareillage des personnes amputées, avec l’espoir de se rendre prochainement en Ukraine.

Conclusion

Ces échanges et collaborations entre les hôpitaux français et ukrainiens illustrent une solidarité essentielle dans un contexte de crise humanitaire. Le soutien apporté par les établissements de santé d’Occitanie contribue à renforcer les capacités des soignants ukrainiens face aux défis posés par le conflit.

Source : Midi Libre.

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