Après le but de Kostadinov contre les Bleus, on m’a appelée “la Bulgare” jusqu’à la fin de l’année scolaire
Le 17 novembre 1993, la France affrontait la Bulgarie au Parc des Princes pour un match décisif de qualification à la Coupe du Monde 1994. Dans les dernières secondes de la rencontre, le Bulgare Emil Kostadinov a inscrit un but qui a privé la France d’une participation au tournoi mondial. Cet événement a laissé une empreinte indélébile dans la mémoire collective française.
À cette époque, je suis en classe de troisième dans un collège de la banlieue parisienne, où de nombreux élèves ont des origines diverses. Dans la cour de récréation, les discussions sur les équipes nationales s’intensifient, alimentées par des stéréotypes et des rivalités. Les élèves se revendiquent fièrement de leurs origines, que ce soit en tant que “fiers Algériens” ou “Lions de la Teranga”.
Mon nom, Topaloff, d’origine bulgare, ne résonne pas auprès de mes camarades. À peine sortie de l’Union soviétique, la Bulgarie est peu connue, et le nom de mon pays d’origine ne suscite guère d’intérêt. Ainsi, par défaut, mes camarades m’appellent “la Russkov”, probablement plus pour la rime que pour une réelle référence à mon héritage.
Cet épisode illustre comment le sport, et en particulier le football, peut influencer les dynamiques sociales et les identités au sein des établissements scolaires. Le but de Kostadinov a non seulement marqué l’histoire du football français, mais a également eu un impact sur la perception de ceux qui, comme moi, portent des noms et des héritages moins connus.
Source : DADDY CLOCK – LE NOUVEL OBS.
