Universités : vers une hausse des frais d’inscription ?
Le gouvernement français a lancé en janvier dernier les Assises du financement des universités, visant à établir un « diagnostic partagé » sur la situation financière de ces établissements et à proposer des évolutions pour renforcer leur rôle dans le développement des connaissances et l’avenir des jeunes.
Dans le rapport présenté mercredi par Jérôme Fournel, inspecteur général des finances, et Gilles Roussel, président de l’Université Gustave Eiffel, une proposition marquante a été formulée : multiplier par cinq les frais d’inscription pour les étudiants français. Les rapporteurs soulignent que « si le modèle financier des universités n’évolue pas, il ne sera plus soutenable d’ici à 2030 ».
Actuellement, les droits d’inscription en licence et en master ne représentent que 1,9 % du coût estimé des formations. Selon le rapport, une augmentation modérée des droits d’inscription pourrait atteindre 10 % des ressources universitaires d’ici 2025, contre 3 % aujourd’hui. Ainsi, un étudiant français non boursier pourrait payer 900 euros par an pour une licence (178 euros actuellement) et 1 300 euros pour un master (254 euros actuellement). Cette hausse des frais serait accompagnée d’un barème progressif exonérant les étudiants aux revenus modestes et d’une refondation du système de bourses.
Les rapporteurs avertissent qu’un « décrochage » entre l’augmentation des dépenses et la stagnation des recettes pourrait conduire à un déficit d’environ 2 milliards d’euros d’ici 2030. Cette situation a été corroborée par les travaux du Sénat, qui a mis en lumière les relations entre l’État et les universités.
La proposition a suscité des réactions divergentes parmi les élus. Pierre Ouzoulias, vice-président communiste du Sénat, a exprimé ses réserves, soulignant que l’augmentation des frais d’inscription ne serait pas une solution viable, alors que la France perd chaque année 5 % de docteurs. De l’autre côté, Max Brisson (LR) a affirmé que la question de la hausse des frais ne peut plus être taboue, plaidant pour une révision du système de bourses en parallèle.
Les principales organisations étudiantes, notamment l’Unef, s’opposent fermement à cette augmentation, la qualifiant de déconnexion avec la réalité des étudiants et de leur précarité. Un décret récent a déjà augmenté les droits d’inscription pour les étudiants étrangers hors Union européenne.
Source : Public Sénat
