On n’arrive pas à comprendre que cet assassin soit toujours en liberté

Dans la nuit du 22 au 23 juin 2024, à Niort, Jibril Mulard a succombé à plusieurs coups de couteau au cours d’une rixe. Deux ans plus tard, ses proches se rassemblent en sa mémoire, et demandent que la justice avance alors que le principal suspect dans cette affaire n’est pas incarcéré.

De la dignité, de l’émotion, du recueillement. À Niort, ce dimanche après-midi, les proches de Jibril Mulard se sont réunis pour lui rendre un nouvel hommage. Il y a deux ans, dans cette ville, lors d’une rixe nocturne, entre deux groupes de jeunes, le lycéen, jeune arbitre des Chamois Niortais, succombe à trois coups de couteau. Une mauvaise rencontre au mauvais endroit, incompréhensible pour ses proches. Godswille, l’un de ses amis d’enfance, se souvient d’un jeune homme « gentil, toujours attentionné envers les gens, il pensait toujours aux autres avant de penser à lui, c’était une personne en or. » Présente au rassemblement, Yasmin, une autre de ses amies, ajoute : « Pour moi c’est plutôt comme un frère, je ne le considère pas comme un ami mais comme un frère. »

Derrière l’émotion de ce nouveau recueillement, reste la colère sourde des parents. L’auteur présumé des coups mortels s’est dénoncé quelques jours après les faits, mais il est toujours en liberté.

« Celui que la justice considère comme l’auteur de l’assassinat de mon fils est libre dans l’attente de son jugement, » déclare sa mère au micro, au cours du rassemblement. « Deux autres personnes sont également mises en cause dans cette affaire. Pendant ce temps, notre famille continue de vivre avec cette douleur chaque jour. »

Ce n’est pas normal, je ne sais pas ce qu’il faut de plus, qu’il y ait un autre meurtre ?

Étienne Mulard

Père de Jibril

« Pour l’instant, on n’arrive pas à comprendre que cet assassin soit toujours en liberté, » ajoute son père, Étienne Mulard. « Je ne comprends pas qu’on tue un enfant de cette façon, avec ce qu’on sait, et qu’il soit toujours en liberté. Ça, ce n’est pas normal, je ne sais pas ce qu’il faut de plus, qu’il y ait un autre meurtre ? »

Deux ans après les faits, le père de Jibril déplore les « lenteurs de la justice. » « Ça n’avance pas assez vite, » soupire-t-il. « Je ne veux pas incriminer les magistrats, je sais que dans la magistrature ils ont très peu de moyens, donc la justice fait avec ce qu’elle a, et ça c’est révoltant. »

Leur colère est aujourd’hui renforcée par le témoignage de l’ancienne petite amie du suspect. Elle affirme avoir été victime de harcèlement et violences conjugales, psychologiques et morales, de sa part, et avoir déposé plainte un mois avant le drame. « J’ai porté plainte contre lui parce que je savais qu’il sortait avec des couteaux dans la rue et j’avais peur pour ma sécurité, » rappelle-t-elle. « Si on m’avait écoutée un mois plus tôt, je me dis que Jibril ne serait pas là où il en est actuellement. »

L’instruction judiciaire confiée au parquet de Poitiers est toujours en cours. Dans l’attente du procès, la famille de Jibril promet de se rassembler chaque année sur les lieux du drame, pour entretenir sa mémoire et rappeler son combat pour la justice.

Source : France Télévisions

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