Le Sénat déroule le tapis rouge à Cerfia

Le Sénat déroule le tapis rouge à Cerfia

Depuis quelques semaines, une mission d’information, dotée des pouvoirs d’une commission d’enquête, s’est constituée au Sénat, sous l’égide de la commission des affaires culturelles. Son objectif est d’analyser les zones grises de l’information.

Cette mission mène plusieurs auditions, dont celle de Vincent Vladesco, ancien cofondateur de Cerfia, le 22 juin 2026.

Un média libre grâce à ses lecteurs

Cerfia a opté pour un modèle sans paywall ni publicité. Si l’objectif mensuel de financement est atteint, le média reste accessible à tous, ce qui repose sur le soutien de ses lecteurs.

Les prédateurs de l’information

Depuis quelques années, des comptes se présentant comme agrégateurs de presse ont émergé sur les réseaux sociaux, particulièrement sur X (anciennement Twitter). Ces comptes, qui prétendent informer un public jeune, pratiquent ce que certains qualifient de « prédation de l’information ». Ils extraient des phrases de grands médias, utilisent des photos d’illustration sans autorisation et publient ces contenus sur leurs propres plateformes, souvent sans lien vers les sources d’origine.

Ces pratiques soulèvent des questions éthiques, notamment parce que ces comptes ne rémunèrent pas les sources d’information et bénéficient d’une monétisation accrue sur les plateformes sociales.

Lors de son audition, Vincent Vladesco a affirmé qu’il insérait systématiquement des liens vers les sources lorsqu’il gérait le compte de Cerfia. Cependant, des archives montrent que ce n’était pas toujours le cas.

L’opacité totale de Cerfia

Les sénateurs ont interrogé Vladesco sur divers aspects de Cerfia, mais celui-ci a souvent répondu qu’il ne savait pas. Il n’a pas pu fournir d’informations sur le nombre de bénévoles, les revenus générés par l’association ou les dépenses liées aux partenariats. Cette situation a mis en lumière des lacunes dans la compréhension des enjeux numériques par les membres de la commission.

Une méconnaissance profonde du web

Vladesco a déclaré que le compte Cerfia avait été créé pendant la pandémie de COVID-19, alors qu’il a en réalité été lancé en novembre 2012, sous le nom de Conflits France. Les sénateurs n’ont pas vérifié l’absence de liens dans les publications de Cerfia, ni consulté des archives pour examiner le contenu de l’ancien site web, qui présentait de nombreux plagiats.

Médias et journalisme : pas le même bateau

L’audition a également révélé une absence de questions sur la déontologie journalistique. Cela soulève des interrogations sur la manière dont Cerfia est qualifié de « média », alors que des préoccupations existent quant à la protection de l’emploi des journalistes face à ces nouvelles pratiques.

Cette mission d’information pourrait aboutir à une réflexion sur la labellisation des médias, un sujet déjà abordé par certains sénateurs. Cependant, l’audition de Vladesco a été perçue comme une occasion manquée pour approfondir les enjeux éthiques et pratiques du journalisme à l’ère numérique.

Source : Projet Arcadie

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