Le chanteur Ali Ideflawen s’éteint à 69 ans : le dernier « voyage » pour l’éternité

Ali Ideflawen s’éteint à 69 ans : le dernier « voyage » pour l’éternité

Ali Ideflawen, de son vrai nom Ali Aït Ferhat, est décédé ce dimanche 28 juin à Tizi-Ouzou, à l’âge de 69 ans, après de longs mois de lutte contre la maladie. Il faisait partie des derniers représentants d’une génération dorée de la chanson d’expression kabyle, qui, dans les années 70 et 80, a porté les aspirations d’un peuple et les revendications culturelles d’une région.

Avec lui disparaît une figure majeure de la chanson engagée amazighe et l’une des voix emblématiques du groupe Ideflawen, qu’il avait contribué à fonder en 1977. L’annonce de son décès a suscité de vives émotions dans le monde artistique. Hacen Ziani, principal parolier du groupe, a exprimé sa peine sur les réseaux sociaux, soulignant que l’artiste rejoint au paradis ses compagnons disparus.

Ali Aït Ferhat a connu une enfance difficile, marquée par la perte de son père, un ancien moudjahid, dans son village natal des Aït Gouaret. C’est de cette terre qu’il a puisé l’inspiration pour sa carrière musicale. Le groupe Ideflawen est rapidement devenu un symbole du renouveau de la chanson kabyle moderne, utilisant la poésie comme arme face à la cen.

Tout au long de sa carrière, Ali Ideflawen a produit une douzaine d’albums, dont certains sont devenus cultes, tels que « Gget-iyi abrid » et « Idjtagh a n voyager », qui sont des hymnes à la liberté. Son œuvre continue de faire vivre la mémoire et le combat de la région qu’il n’a jamais cessé de défendre.

Peu médiatisé, Ali Ideflawen a vu son état de santé se dégrader fortement depuis février dernier. Plusieurs figures de la scène artistique algérienne s’étaient mobilisées pour lui venir en aide, mais son dernier combat n’a pas été remporté.

La musique d’Ali Ideflawen demeure un témoignage puissant des luttes identitaires et culturelles de la Kabylie.

Source : TSA Algérie

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