Réseaux sociaux interdits aux moins de 16 ans : l’Australie durcit le ton face aux limites de sa loi
L’Australie renforce sa réglementation sur les réseaux sociaux, en réponse à l’inefficacité de l’interdiction imposée aux moins de 16 ans. Le gouvernement a annoncé le 27 juin que l’amende maximale pour les entreprises technologiques ne respectant pas cette législation sera doublée, passant de 49,5 millions à 99 millions de dollars australiens (environ 30 à 60 millions d’euros). Cette amende sera appliquée en cas de manquements répétés à l’interdiction.
En parallèle, les autorités australiennes exigent que les entreprises, telles qu’Instagram, Facebook, Snapchat, TikTok et YouTube, fournissent des preuves de la mise en place d’outils de vérification d’âge, afin d’empêcher les jeunes de moins de 16 ans d’ouvrir un compte. Ces mes visent à renforcer les capacités de l’organisme national de régulation d’internet.
Contexte factuel
L’Australie, pionnière dans cette initiative, a instauré l’interdiction des réseaux sociaux pour les moins de 16 ans il y a six mois. Cette décision a conduit à la désactivation ou à la restriction de plus de 5 millions de comptes d’adolescents. D’autres pays, comme le Royaume-Uni, s’inspirent de cette législation pour envisager des restrictions similaires, notamment sur les plateformes de jeux vidéo et de diffusion en direct. En France, une me analogue pour les moins de 15 ans est en cours de discussion à l’Assemblée.
Données ou statistiques
Une étude publiée dans le British Medical Journal a révélé que 85 % des Australiens âgés de 12 à 15 ans continuaient d’utiliser les réseaux sociaux trois mois après l’entrée en vigueur de l’interdiction. Deux tiers des utilisateurs mineurs ont indiqué avoir contourné la restriction en affirmant qu’ils avaient plus de 16 ans ou en publiant des selfies interprétés comme étant ceux d’adultes. De plus, un tiers des mineurs n’ont jamais été tenus de prouver leur âge, recourant à des faux comptes ou à ceux d’adultes.
Conséquence directe
Le gouvernement australien se montre optimiste quant à l’impact de ces nouvelles mes, qui devraient permettre une meilleure vérification des déclarations faites par les plateformes. Cependant, des entreprises comme Reddit contestent déjà cette interdiction devant la Haute Cour d’Australie, invoquant des préoccupations liées à la liberté d’expression.
Source : L’Express
