À l’heure où la souveraineté numérique s’impose dans les choix IT européens, une question demeure décisive : les données seront-elles encore disponibles quand l’incident surviendra ? Entre contrôle, conformité et cyber-résilience, cet éclairage montre pourquoi la reprise ne peut plus être reléguée au second plan.
La France a décidé de migrer progressivement ses ordinateurs administratifs de Windows vers Linux et de retirer sa base de données nationale de santé de Microsoft Azure. Cette initiative s’inscrit dans une tendance plus large en Europe, visant à renforcer la souveraineté numérique. La question centrale est celle du contrôle : où sont stockées les données, qui y a accès et quelle est la juridiction applicable.
Pour de nombreuses organisations, notamment dans les secteurs de la santé et public, ces enjeux sont devenus des priorités stratégiques. La souveraineté des données permet de diminuer la dépendance vis-à-vis des prestataires externes, de renforcer la conformité et d’améliorer la confiance dans la gestion des informations sensibles. Cependant, la souveraineté ne résout pas seule la question de la disponibilité des données.
Les cyberattaques, en particulier celles par ransomware, ne tiennent pas compte de l’emplacement des données ou du système d’exploitation utilisé. Les attaquants exploitent les vulnérabilités, chiffrent des données critiques et exigent une rançon. Ainsi, même les systèmes basés sur Linux ou les fournisseurs de cloud souverain ne sont pas à l’abri. Une stratégie de reprise solide est essentielle pour garantir la disponibilité des données.
Le contrôle comme avantage compétitif
La souveraineté des données est désormais perçue comme un atout stratégique, au-delà de la simple conformité. Les organisations européennes adaptent leurs stratégies pour maîtriser leurs données. Des concepts comme le « cloud de confiance » et le « contrôle local » deviennent des critères de sélection importants, surtout dans des secteurs réglementés tels que la santé et l’administration publique.
Les réglementations européennes, un pilier de la résilience numérique
La montée en puissance de la souveraineté des données coïncide avec une attention accrue sur la cyber-résilience. Les décideurs politiques européens mettent l’accent sur la protection des données, mais aussi sur la capacité des organisations à se remettre rapidement des incidents. Des initiatives comme la directive NIS2 et le cadre européen de souveraineté du cloud soulignent l’importance de démontrer des capacités de reprise.
Ces cadres réglementaires exigent des organisations qu’elles ne se contentent pas de prouver qu’elles ont des sauvegardes, mais qu’elles peuvent également prouver leur capacité à récupérer des données après un incident. Cela va au-delà de la simple question de stockage des données.
L’importance de l’immuabilité
Les environnements de sauvegarde sont devenus des cibles de choix pour les groupes de ransomwares, car leur compromission empêche toute reprise sans paiement de rançon. L’immuabilité des sauvegardes est donc devenue cruciale. Les sauvegardes immuables empêchent toute modification ou suppression des données pendant une période définie, offrant ainsi un point de reprise après une attaque.
Les entreprises doivent également considérer l’immuabilité absolue, qui garantit que les données de sauvegarde restent intactes même en cas de compromission. Cela nécessite des solutions de stockage spécialement conçues pour répondre aux exigences de souveraineté des données.
La souveraineté et la récupération doivent aller de pair
Les initiatives françaises peuvent influencer d’autres secteurs réglementés au sein de la région EMEA. Cependant, il est crucial que les organisations ne se limitent pas à la localisation des données. La question principale reste celle de la disponibilité et de la récupérabilité des données en cas d’incident.
La souveraineté ne doit pas être un objectif isolé, mais plutôt une partie intégrante d’une stratégie de résilience plus large. Les organisations les mieux préparées sont celles qui considèrent leur infrastructure de sauvegarde comme un élément stratégique. Cela implique d’associer des environnements souverains à des capacités de stockage et de restauration vérifiables, éprouvées et prêtes à l’emploi.
En somme, la souveraineté détermine le contrôle des données, tandis que la capacité de récupération détermine leur disponibilité après un incident. Traiter ces deux aspects ensemble confère un véritable avantage opérationnel.
Par Daniel Fried, SVP Worldwide Sales, Object First
