La Grèce, un paradis touristique où 47 % de la population ne partira pas en vacances
Au pays des vacances d’été, une part significative de la population se trouve privée de repos : 47 % des Grecs ne partiront pas en vacances cette année, selon une étude réalisée par la société de sondage Alco. Cette situation met en lumière un contraste flagrant avec les discours gouvernementaux sur la prospérité économique, alors que la saison estivale s’ouvre sur des chiffres alarmants pour les consommateurs grecs, comme le souligne l’hebdomadaire To Pontiki.
Les coûts jugés « exorbitants » de l’hébergement, des transports et de la nourriture constituent de véritables freins pour les locaux. Cela est d’autant plus préoccupant dans un pays qui a accueilli plus de 38 millions de visiteurs en 2025, faisant de l’industrie du tourisme un pilier de l’économie grecque, représentant 25 % du PIB national. En 2022, le secteur a généré 22 milliards d’euros de recettes, selon la Banque de Grèce. Cependant, une part croissante de la population se retrouve exclue de l’offre touristique dans son propre pays.
Dans ce contexte difficile, le gouvernement a relancé un programme de soutien économique intitulé « Tourisme pour tous », offrant une aide financière variant entre 200 et 600 euros, distribuée via une carte numérique dématérialisée. Ce programme vise à élargir les critères d’éligibilité, permettant aux ménages de classe moyenne dont le revenu annuel n’excède pas 58 000 euros de bénéficier de cette aide. En Grèce, le salaire minimum est de 920 euros brut par mois, sur quatorze mois.
Malgré ces efforts, des critiques émergent quant à l’efficacité réelle de ces mes. L’hebdomadaire note que, bien que ces initiatives semblent positives, leur application dans l’économie réelle révèle un déficit politique. La proposition d’une économie fondée sur des « pass » et des « coupons » ne résout pas le problème des bas salaires.
En mai dernier, l’inflation en Grèce s’élevait à 4,9 % sur un an, parmi les plus élevées de l’Union européenne, alors que la moyenne de la zone euro était de 3,2 %. La publication de ces chiffres, couplée aux critiques sur le surtourisme et la gentrification, renforce l’idée que l’offre touristique s’adresse principalement à un public étranger, transformant ainsi la Grèce en une société de services.
Source : To Pontiki