Canicule : des conditions insupportables dans certaines prisons
Le sort des personnes détenues est souvent oublié en période de canicule. Une vague de chaleur a frappé la France pendant deux semaines à la mi-juin 2026, avec des températures records, atteignant parfois 50°C dans certaines cellules. Les conditions de détention deviennent alors insupportables, avec une aération quasi inexistante et des douches accessibles seulement trois fois par semaine.
L’association Ban public, qui défend les droits des détenus, a reçu des témoignages alarmants concernant l’état des infrastructures pénitentiaires. Selon Benoît David, avocat pénaliste et membre de cette association, des cas de santé préoccupants surviennent régulièrement, notamment chez des détenus souffrant de pathologies médicales dans des cellules surchauffées. Il souligne que l’administration pénitentiaire peine à répondre efficacement à ces situations.
La Contrôleuse générale des lieux de privation de liberté, Dominique Simonnot, a également exprimé ses inquiétudes. Elle a noté que les prisons, déjà vétustes, sont devenues encore plus insupportables durant cette canicule. Elle appelle à des mes urgentes, notamment la libération sous contrôle judiciaire des détenus les plus vulnérables, une option qui avait été envisagée lors de la crise du coronavirus.
Les conditions de détention actuelles ne remplissent pas leur mission de réinsertion, mais se transforment en une simple punition, augmentant ainsi le risque de récidive. Les détenus peuvent louer des ventilateurs à leurs frais, une charge qui devrait incomber à l’administration. Les chiffres concernant les incidents liés à la chaleur restent flous, car la pénitentiaire ne comptabilise que les décès survenus dans ses murs.
La situation est exacerbée par une surpopulation carcérale atteignant 140%, avec des matelas au sol et un manque de personnel, déjà dénoncé par les syndicats. Le manque de surveillants, estimé à 5 000, rend difficile l’accompagnement des détenus aux douches.
Face à cette crise, les réponses de l’administration semblent insuffisantes. Une distribution de bouteilles d’eau et la recherche de ventilateurs sont en cours, mais ces mes restent largement en deçà des besoins urgents. La Contrôleuse générale des lieux de privation de liberté a exprimé son mécontentement face à l’absence de volonté politique pour améliorer ces conditions.
Source : France 3 Champagne-Ardenne.
