Le Chapare, la région d'Evo Morales qui défie le gouvernement bolivien

Dans le Chapare, fief tropical et cocalero de l’ancien président Evo Morales (2006-2019), des cultivateurs de coca campent en signe de défi, malgré l’état d’exception.

Des dizaines de cultivateurs de coca continuent de camper en protestation dans la région du Chapare, défiant ainsi le gouvernement bolivien malgré l’état d’exception en vigueur. Cette rébellion s’inscrit dans un contexte de tensions croissantes entre les habitants et l’administration du président de centre droit, Rodrigo Paz.

Evo Morales, ancien président, refuse de se soumettre à un mandat d’arrêt émis à son encontre dans une affaire de traite de mineure, qu’il nie. Morales, qui a annoncé une trêve dans les barrages routiers ayant paralysé les villes boliviennes pendant près de deux mois, continue d’être soutenu par les habitants du Chapare, une région peuplée de 260 000 personnes.

Contexte factuel

La circulation a repris, mais des manifestants se tiennent toujours prêts à reprendre les actions de blocage. Les producteurs de coca, qui représentent la principale activité agraire de la région, affichent des pancartes demandant la démission de Rodrigo Paz. Rosalia Vilca, une vendeuse locale, a déclaré : « La lutte continue jusqu’à ce que ce maudit gouvernement s’en aille. »

La feuille de coca est omniprésente dans le Chapare, où plus de 90 % de la production n’emprunte pas le circuit légal, selon l’Office des Nations unies contre la drogue et le crime (ONUDC). Bien que la Bolivie soit le troisième producteur mondial de cocaïne, la population défend la culture de la coca pour des usages traditionnels et médicinaux.

Données ou statistiques

Environ 90 % de la production de coca dans la région ne suit pas le circuit autorisé, une réalité que les habitants contestent face aux accusations du gouvernement. Zulma Torres, employée de la gare routière, a affirmé que les habitants du Chapare sont injustement étiquetés comme narcotrafiquants.

Conséquence directe

Les tensions entre les habitants et le gouvernement central se traduisent par des coupures d’électricité et une pénurie de carburants, exacerbant la crise dans cette région. Les actions du gouvernement, selon Morales, risquent de provoquer une révolte plus large parmi la population bolivienne.

© Agence France-Presse

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