France Travail : quand une IA prend des nouvelles de votre recherche d’emploi

France Travail : L’Intelligence Artificielle au Service de l’Emploi

« ChatFT », « CoachFT » ou « MatchFT » : France Travail intensifie l’utilisation d’outils d’intelligence artificielle (IA) pour optimiser l’accompagnement des demandeurs d’emploi. Selon la direction, ces innovations visent à libérer du temps pour les agents afin qu’ils se concentrent sur les relations humaines et améliorent le retour à l’emploi. Cependant, les syndicats expriment des inquiétudes et demandent des garde-fous. Lors du salon VivaTech, qui s’est tenu en juin à Paris, des représentants de France Travail ont présenté ces nouvelles technologies. Marie Bertin, conseillère en Vendée, a déclaré que l’IA permettrait d’éliminer les tâches chronophages, offrant ainsi plus de temps pour des simulations d’entretien.

Généralisation de ChatFT en 2027

France Travail a commencé à expérimenter des outils d’IA depuis 2024, avec un investissement de 15 millions d’euros prévu pour 2025, et un total de 93 millions d’euros entre 2017 et 2024. L’agent conversationnel ChatFT, déjà déployé, est conçu en collaboration avec l’entreprise française Mistral. Cet outil pourrait permettre à un conseiller de gagner jusqu’à trois heures par semaine, temps qu’il pourrait réinvestir dans l’accompagnement des usagers, selon Béatrice Grenade, directrice IA.

ChatFT Écoute, en phase de test dans six régions (Grand Est, Normandie, Hauts-de-France, Centre-Val de Loire, Nouvelle-Aquitaine, Auvergne-Rhône-Alpes), a pour objectif de synthétiser les entretiens des conseillers, qu’ils soient téléphoniques ou physiques, afin de réduire l’usage des ordinateurs dans les interactions avec les usagers.

Autres outils en développement

D’autres outils, comme MatchFT, sont également en phase de test pour faciliter la recherche de candidats. Des SMS sont envoyés aux demandeurs d’emploi pour vérifier leur disponibilité, et CoachFT est conçu pour les contrats d’engagement jeunes, permettant aux utilisateurs de déclarer leurs démarches en langage naturel. L’IA aide également les recruteurs à rédiger des annonces et à augmenter les inscriptions aux formations. Samir Amellal, directeur général adjoint technologies, a souligné l’importance de ces innovations pour accompagner la société dans sa transformation, en réponse à un besoin croissant de compétences, notamment dans les secteurs de la cybersécurité et des données.

Inquiétudes syndicales

Les syndicats, en revanche, expriment des préoccupations quant à la transparence de ces évolutions. Guillaume Bourdic (CGT) a évoqué le risque de suppressions de postes et de déqualification des conseillers, tandis que Christophe Moreau (FSU) a mis en garde contre une possible standardisation des conclusions. D’ici 2027, la direction prévoit de redéployer 800 équivalents temps plein (ETP) vers l’accompagnement humain grâce à l’IA, alors que France Travail devra faire face à une perte de 515 ETP en 2026, sur un total de 54 000 agents.

Claire Belarbi, conseillère présente à VivaTech, a souligné l’importance de ces outils pour éviter que ses usagers ne répètent sans cesse leurs parcours. Elle appelle à une lecture attentive des synthèses générées par l’IA et insiste sur la nécessité d’un « ton de bienveillance » dans ces interactions.

Source : Le Télégramme

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