Changement de ton des maires RN : décisions controversées et polémiques
Le Rassemblement national (RN) et ses alliés ont remporté environ cinquante mairies lors des élections municipales de mai dernier. Des villes comme Carcassonne, Castres, Carpentras et Vauvert se retrouvent au centre de controverses suite à des décisions prises par leurs nouveaux maires, qui affirment avoir le soutien de leur parti.
À Carcassonne, le maire Christophe Barthès a récemment suscité l’indignation en aspergeant des syndicalistes avec un tuyau d’arrosage, tout en commentant ironiquement sur les réseaux sociaux que « la canicule, c’est terminé! ». Peu après sa prise de fonction, il a également décidé de déloger des syndicats, dont la CGT, de bureaux appartenant à la ville, ce qui a entraîné une procédure juridique en cours.
Parmi les décisions controversées, Barthès a signé un arrêté municipal anti-mendicité, affirmant que la présence de marginaux dans le centre-ville avait diminué. Cette me n’a pas été sans opposition : plusieurs associations, y compris la Ligue des droits de l’Homme, ont tenté de contester cette décision sans succès.
Les coupes budgétaires dans le domaine culturel sont également notables. Lors de l’examen du budget municipal, des élus d’opposition ont signalé une réduction de 20% des crédits alloués à la culture par rapport à l’année précédente, impactant notamment le festival local Off, qui a vu son nombre de spectacles diminuer de 40%.
D’autres maires RN, comme Florian Azéma à Castres, ont également pris des décisions similaires, en annulant des spectacles jugés idéologiques, comme la pièce d’Alexis Michalik, Passeport. Azéma a justifié cette annulation en affirmant que la pièce « faisait la promotion des clandestins ».
Dans le Gard, Nicolas Meizonnet, maire de Vauvert, a refusé de subventionner un festival de jazz à hauteur de 65 000 euros, tout en réintroduisant une corrida lors des fêtes votives. Ce dernier a également annulé une exposition d’un photographe qu’il qualifiait de « militant LFI ».
Ces décisions sont perçues comme une rupture par rapport à la tradition française de neutralité dans le financement culturel, selon le politologue Emmanuel Négrier. Pour certains, ces actions sont des « marqueurs d’extrême droite » visant à empêcher les voix dissidentes de s’exprimer.
L’Observatoire national de l’extrême droite a rapporté que 40% des mairies remportées par le RN ont adopté des décisions aux conséquences néfastes pour les secteurs culturel et associatif.
Source : BFM TV
