Allaitement difficile : le frein labial n’est pas à blâmer, étude à l’appui
Une étude récente publiée dans le JAMA Network Open remet en question l’idée selon laquelle le frein labial supérieur serait responsable des difficultés d’allaitement. Les chercheurs ont suivi 264 paires mères-enfants à l’hôpital universitaire d’Oulu, en Finlande, entre 2023 et 2024. Ils ont évalué l’anatomie et la mobilité du frein labial chez des nourrissons en bonne santé, nés à terme, tout en comparant ces données avec les expériences d’allaitement rapportées par les mères.
Contexte factuel
Les freins restrictifs de lèvre et de langue sont souvent suspectés d’être à l’origine des difficultés de succion chez les nouveau-nés. Cela a conduit à une augmentation des interventions chirurgicales, comme les frenectomies, suscitant des inquiétudes parmi certains médecins et l’Académie de médecine. Ces derniers dénoncent une tendance à recourir à des solutions chirurgicales sans évaluation approfondie des causes des problèmes d’allaitement.
Données ou statistiques
Selon l’étude, 86 % des mères ont déclaré avoir rencontré des difficultés d’allaitement durant les six premiers jours. Cependant, aucune association n’a été trouvée entre les caractéristiques anatomiques du frein labial supérieur et les problèmes d’allaitement rapportés, même après un suivi à six mois. L’épaisseur du frein, son point d’insertion et d’autres caractéristiques structurelles n’ont pas été corrélées à un risque accru de difficultés d’allaitement. De plus, les problèmes d’allaitement étaient moins fréquents chez les mères ayant déjà allaité un ou plusieurs enfants.
Conséquence directe
La pédiatre et néonatologue Outi Aikio souligne l’importance d’une évaluation complète des difficultés d’allaitement et insiste sur le fait qu’aucune preuve ne justifie la chirurgie du frein labial supérieur chez les nourrissons en bonne santé. Elle recommande plutôt un soutien de qualité à l’allaitement durant les premières semaines après la naissance, période où les difficultés sont les plus courantes.
Avant d’incriminer un frein labial ou de langue, il est donc conseillé de considérer toutes les autres causes possibles de problèmes d’allaitement.
Source : JAMA Network Open
