REPORTAGE.

« C’est catastrophique » : avec la canicule à Blois, les rues se vident et le secteur du tourisme en pâtit

Pendant la vague de chaleur, les touristes ont privilégié les activités tôt le matin ou à la fraîche. Les acteurs du tourisme réfléchissent donc à adapter leur activité aux futures canicules.

Une partie de la France reste en vigilance rouge. Ces canicules à répétition pourraient engendrer des pertes économiques considérables. Une étude d’Allianz prévoit plus de 200 milliards d’euros de pertes d’ici 2030, avec le secteur du tourisme particulièrement touché, comme à Blois dans le Loir-et-Cher, où la semaine passée a été très compliquée.

Avec 41 degrés affichés sur le thermomètre, les rues de Blois sont désertes. Seul un couple australien sort d’un magasin de location de vélos, annonçant l’annulation de leur réservation pour explorer la vallée de la Loire. « On pensait que le mois de juin serait idéal pour la météo », confie l’un des cyclistes, tandis que sa compagne ajoute que la chaleur est comparable à celle de l’Australie, mais sans la plage.

À l’intérieur de la boutique de vélo, Vincent constate une chute dramatique de l’activité. « On a loué zéro vélo aujourd’hui. Ça fait quatre jours que rien n’est parti de la boutique. C’est catastrophique. On est à moins 80 % sur la même semaine que l’an dernier », explique-t-il. Blois, habituellement fréquentée pour la location de vélos, pourrait voir ses conditions de travail affectées par le réchauffement climatique.

Sur la place Ave Maria, Marlène, serveuse dans une brasserie, déplore le manque de clients. « Tout est en PLS. Les frigos peinent, les tireuses à bière ont du mal à réfrigérer », raconte-t-elle, précisant que d’autres restaurants ont même dû fermer temporairement.

Les visites en bateau sur la Loire ont été avancées dès 7h30 pour éviter la chaleur. Cyril Gautheray, de l’association Observatoire Loire, évoque un changement nécessaire dans les habitudes de vie. « Peut-être qu’il faudra prendre nos grandes vacances en février/mars », suggère-t-il, tout en restant optimiste face à la beauté naturelle de la Loire.

Le château Renaissance de Fougère, au sud de Blois, affiche une fréquentation en chute libre, avec moins de 90 % de visiteurs. Laure Deschamp, chargée des visites, se demande s’il est judicieux de rester ouvert. « Nous devons trouver des aménagements à long terme pour réduire la chaleur dans les espaces de travail », dit-elle.

Le directeur de l’office de tourisme de Blois Chambord Val-de-Loire, David Hameau, reconnaît que le secteur est dépassé par la situation. « Le tourisme est la deuxième économie de la région. Cela amène les collectivités à s’impliquer davantage dans l’aménagement et l’accès à l’eau », explique-t-il.

Pendant la canicule, l’office de tourisme redirige les visiteurs vers des lieux plus frais, comme les champignonnières et les caves à vin. Cependant, les hôtels non climatisés, comme le Vendôme, subissent de lourdes pertes. Son directeur, Dominique Berruryer, estime avoir perdu 20 000 euros sur deux semaines.

Les fortes chaleurs représentent un danger pour la santé, en particulier pour les personnes vulnérables. Le gouvernement a activé le numéro vert « Canicule info service » : 0800 06 66 66, pour des conseils et une assistance.

Source : Franceinfo

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