Des jardins sans gazon ? Ça existe, et c’est réussi !
Mèze, Hérault, reportage
Au bord de l’étang de Thau, le jardin d’Olivier et Clara Filippi s’étend sur 6 000 m², sans une seule touffe de gazon. Ce jardin, riche en massifs de ciste et de sauge, offre un véritable paradis sensoriel, mais il soulève des interrogations sur le modèle traditionnel des pelouses. Olivier Filippi, pépiniériste, exprime son aversion pour la pelouse classique, qu’il considère comme une aberration. « Ne m’en parlez pas ! » s’exclame-t-il.
Pour les jardiniers comme Aymeric Lazarin, paysagiste dans les Alpes de Haute Provence, le gazon à l’anglaise est exigeant en intrants, nécessitant arrosage, engrais et tontes fréquentes. Ce type de culture est jugé hyper intensif.
Malgré les critiques, près de 70 % des Français possèdent un jardin avec pelouse, selon l’interprofession des semences et des plants. Ces surfaces enherbées, représentant environ 1,7 million d’hectares en France, jouent un rôle significatif dans la régulation thermique en milieu urbain, l’infiltration des eaux de pluie et le stockage de carbone dans les sols.
Éric Lenoir, jardinier breton, remet en question cette passion pour les gazons en soulignant leur faible biodiversité. « C’est lamentable d’un point de vue écologique », déclare-t-il. La pelouse est souvent perçue comme un symbole de distinction sociale, héritée des jardins de Versailles au XVIIᵉ siècle, et elle est devenue un critère de civilisation.
Cependant, Olivier Filippi et d’autres experts plaident pour des jardins sans gazon, favorisant une diversité botanique. Son jardin compte plus de 2 000 espèces différentes, attirant ainsi insectes et oiseaux. Il encourage à repenser les espaces en limitant les surfaces enherbées aux zones de réception et de jeux pour enfants.
Les alternatives à la pelouse classique incluent des plantes à fleurs et des couvre-sols moins gourmands en eau, comme le zoysia. Cela nécessite un changement de mentalité, car beaucoup considèrent ces jardins comme « sales ». Pourtant, renoncer au gazon pourrait offrir plus de biodiversité, réduire les coûts d’entretien et améliorer le confort estival.
Pour conclure, la transformation des jardins traditionnels vers des espaces plus diversifiés et écologiques représente un enjeu crucial dans la lutte pour la préservation de la biodiversité.
Source : Reporterre
