Une catastrophe agricole majeure en raison de la canicule

Des centaines d’élevages de volailles subissent une surmortalité, tandis que les maraîchers doivent faire face à un « effet sèche-cheveux » dévastateur. Les conséquences globales sur l’agriculture ne pourront être évaluées que dans les mois à venir.

Un monde agricole en surchauffe

La canicule exceptionnelle qui dure depuis le 17 juin met à mal de nombreuses productions des agriculteurs et éleveurs français. Surmortalité des volailles, dégradation des fruits et légumes, baisse de production du blé. Les températures inédites enregistrées pendant plus de dix jours pourraient avoir des conséquences durables. L’agroclimatologue Serge Zaka alerte : « Nous sommes en train de vivre une catastrophe agricole majeure. » Il prévient que « l’adaptation de l’agriculture française au changement climatique reste largement insuffisante au regard des défis qui nous attendent. »

Des élevages décimés dans l’Ouest

Dans l’ouest de la France, où la production de volailles est concentrée, plusieurs préfectures signalent des dizaines d’éleveurs touchés par des surmortalités. Thierry Houel, président de la FDSEA des Côtes-d’Armor, indique que « jusqu’à 10 000 volailles sont mortes en une nuit. » Cette surmortalité a rapidement mis sous tension les capacités des équarrisseurs, poussant les préfectures à agir rapidement pour faciliter l’enfouissement des animaux morts.

Pour les bovins et les cochons, le risque existe, mais le nombre d’animaux morts reste bien moins élevé. La production laitière, quant à elle, baisse drastiquement en période de forte chaleur, les vaches utilisant leur énergie pour réguler leur température plutôt que pour produire du lait. Lorsqu’il fait plus de 30 degrés, la perte de production peut atteindre 30%.

Des maraîchers fragilisés par l’effet « sèche-cheveux »

Les producteurs souffrent également du stress thermique et hydrique. Les melons du Centre-Ouest, qui venaient d’entrer en production, ont « énormément souffert », surtout dans les zones non irrigables où des parcelles ont perdu jusqu’à 50% de leur rendement potentiel. Myriam Martineau, présidente de l’Association melon et pastèque, s’inquiète des conséquences à long terme sur les jeunes plants.

À l’AOP Prince de Bretagne, on s’inquiète pour les salades, qui gardent la mémoire des stress. L’effet « sèche-cheveux », causé par les chaleurs extrêmes, la faible humidité et le vent, augmente le risque d’incendies et peut brûler les végétaux.

Une situation inégale pour les céréales

Les cultures de céréales souffrent à des degrés divers selon leur stade de maturité. La moisson d’orge est presque achevée, tandis que la récolte de blé débute avec une qualité de graine jugée bonne, mais des rendements inférieurs à la moyenne. L’inquiétude est plus forte pour les blés tardifs du nord de la France.

La principale inconnue concerne le maïs, qui va entrer en période de floraison. Une nouvelle vague de chaleur début juillet pourrait compromettre la pollinisation, entraînant une perte de rendement majeure.

La vigne résiste. pour le moment

Le vignoble semble résister à cette canicule, bien que des signes d’échaudage commencent à apparaître. Bernard Farges, président du Comité national des interprofessions des vins, souligne que le secteur a appris des canicules passées et adapte ses pratiques pour minimiser les dégâts.

Les vendanges s’annoncent précoces, et le secteur espère des conditions climatiques favorables pour asr un bon rendement.


Depuis le XIXe siècle, la température moyenne de la Terre s’est réchauffée de 1,3°C, une hausse attribuée aux activités humaines. Ce réchauffement menace l’avenir de nos sociétés et la biodiversité, mais des solutions existent.

Source : Franceinfo

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