L’IA entre dans les fonds : la question de la gouvernance prend le pas sur la productivité
L’intelligence artificielle (IA) s’impose progressivement dans le secteur du capital-risque, transformant les pratiques de gestion des fonds d’investissement. Alors que l’accent était initialement mis sur l’adoption de ces technologies, le débat évolue désormais vers des enjeux de gouvernance cruciaux.
Dans les premiers épisodes d’une série consacrée à l’IA dans ce domaine, les questions de l’intérêt des fonds pour l’IA et des risques associés à une attitude passive ont été soulevées. Les outils d’IA, allant de la veille sectorielle à la préparation de mémos d’investissement, sont de plus en plus intégrés dans les opérations quotidiennes des équipes d’investissement.
Cependant, une question fondamentale émerge : que se passe-t-il lorsque les fonds connectent leurs bases de données, leurs systèmes de gestion de la relation client (CRM) et d’autres outils à des systèmes d’IA externes ? Selon Adrien Chaltiel, fondateur de Board Project, l’enjeu n’est plus seulement technologique, mais également organisationnel, juridique et stratégique. Les sociétés de gestion doivent repenser des enjeux tels que la confidentialité des données, la traçabilité des décisions et la conformité réglementaire.
Les fonds d’investissement traitent des données parmi les plus sensibles de l’économie numérique, notamment des valorisations et des performances financières. À me que l’IA devient une composante opérationnelle essentielle, la question ne se limite plus à ce qu’elle permet d’accomplir, mais s’étend à ce qu’elle expose.
Cette transformation intervient dans un contexte où l’AI Act européen commence à s’appliquer, introduisant des obligations de documentation et de traçabilité. Pour les fonds, le défi consiste à créer un cadre qui permette de tirer parti des gains de productivité offerts par l’IA tout en maintenant le contrôle sur les données et les décisions.
Source : FW MEDIA Pro.
