L’enseignement privé en Algérie, fabrique de candidats à l’exil – 22-med

L’enseignement privé en Algérie : fabrique de candidats à l’exil

À Tizi-Ouzou, les élèves des écoles privées oscillent entre deux mondes : le bac algérien, qu’ils ratent massivement, et le bac français, qu’ils réussissent avec brio. Derrière ce paradoxe se dessinent les ambitions des familles pour un avenir tourné vers l’étranger et la fermeté des autorités à défendre la souveraineté éducative, dans un contexte où les tensions autour des modèles scolaires dépassent largement le seul cadre de l’école.

22-med s’associe à des médias de terrain issus des différents pays du pourtour méditerranéen et publie chaque jeudi une sélection d’articles pour éclairer les enjeux de la région. Depuis la rive sud, le média algérien Twala apporte son regard.

Fait principal

À Tizi-Ouzou, les écoles privées, bien que perçues comme des alternatives éducatives, affichent des résultats contrastés au baccalauréat algérien. En 2025, la wilaya a enregistré un taux de réussite de 62,83 % pour les établissements publics, tandis que les écoles privées n’ont atteint que 7,59 %.

Contexte factuel

L’essor des écoles privées à Tizi-Ouzou débute dans les années 1990, en réponse à un mécontentement général face à l’enseignement public, notamment à cause de la politique d’arabisation. Initialement fréquentées par des familles aisées, ces institutions attirent aujourd’hui une classe moyenne désireuse d’offrir un meilleur avenir à leurs enfants. Les parents investissent entre 250.000 et 350.000 dinars par an, malgré des résultats peu encourageants au bac algérien.

Données ou statistiques

En 2025, sur 236 élèves inscrits dans des écoles privées pour le baccalauréat, seulement 145 se sont présentés, et 11 ont réussi. À l’inverse, le bac français, suivi par ces mêmes élèves, affiche près de 100 % de réussite. Le lycée international Alexandre-Dumas, unique établissement autorisé à dispenser le programme français, a vu son effectif passer de 279 élèves à 2.353 en 2024.

Conséquence directe

Cette situation soulève des interrogations sur les motivations des familles et sur l’avenir des étudiants, qui semblent se préparer à une émigration vers l’étranger, principalement vers la France, plutôt qu’à une intégration dans le système éducatif algérien.

Source : 22-med, Twala

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