Arbres contre béton : pourquoi la place principale de Niort respire pendant la canicule quand celle de Poitiers suffoque
Après cette semaine de canicule, où certains centres-villes ont surchauffé, nous avons choisi de comparer deux politiques d’aménagement, par la transformation radicale de leur place principale, à Niort et à Poitiers.
Il y a une quinzaine d’années, les deux places principales de Niort et Poitiers avaient une fonction principale de stationnement automobile. Au moment de repenser leur usage et de les dédier aux piétons, les municipalités ont fait des choix bien différents.
À Niort, la place de la Brèche est un havre de fraîcheur. Peuplée d’arbres, parsemée de pelouses et très peu bétonnée, elle est dotée de nombreux jets d’eau, sous lesquels courent les enfants. À l’ombre, des familles profitent de l’espace. Depuis 2012, trois maires successifs ont œuvré à sa transformation, avec un accent sur un urbanisme vert. Jérôme Baloge, le maire actuel, souligne que des citernes ont été installées pour récupérer les eaux de pluie afin d’entretenir ces espaces verts toute l’année.
Les études montrent que l’amplitude thermique sur un espace végétal est de -6 à -7°C, tandis qu’un espace bitumé peut atteindre jusqu’à 60°C lors des périodes de canicule. Baloge explique que la nuit, cet espace contribue à rafraîchir la ville grâce à l’évapotranspiration des arbres.
Toute autre ambiance devant la mairie de Poitiers. La place du Maréchal-Leclerc, aussi appelée place d’Armes, est une vaste étendue de 8 000 mètres carrés de pavés, insuffisante pour offrir de l’ombre durant les fortes chaleurs. Quinze ans après sa rénovation, le dérèglement climatique pousse la nouvelle équipe municipale à repenser cet espace, en envisageant de replanter des arbres et d’introduire des éléments d’eau.
Érica Martin, élue chargée de la gestion des risques, indique qu’il est crucial d’intégrer ces changements dans les stratégies à venir, car ces crises de chaleur deviendront monnaie courante. Les différentes pistes envisagées devront être évaluées pour s’intégrer dans le budget municipal.
Depuis 2022, des chercheurs de l’université de Poitiers étudient les îlots de chaleur urbains dans la ville. Le projet, nommé InOV, vise à identifier les zones à risque et à proposer des solutions. La cartographie de la ville révèle que certaines zones, notamment celles proches des cours d’eau, sont des îlots de fraîcheur, tandis que d’autres, comme le quartier des Trois Cités, souffrent d’un manque d’espaces arborés.
Les résultats préliminaires suggèrent que les zones les plus urbanisées sont également celles où les risques pour la santé humaine sont les plus élevés, notamment en raison des incidents cardiaques liés à la chaleur.
Source : France Télévisions
