La seule chose qui bloque, c’est l’argent : la question de la climatisation des hôpitaux au cœur des débats
La canicule actuelle a mis en lumière le manque d’équipement en climatisation au sein des hôpitaux publics français. Le Premier ministre a annoncé, le 26 juin, la commande de plus de 30 000 climatiseurs pour remédier à cette situation préoccupante. Toutefois, des interrogations subsistent quant à l’équipement des établissements en construction.
Des scènes choquantes, telles que des couvertures de survie aux fenêtres et des températures dépassant les 30 degrés dans les chambres, sont devenues courantes. À Lens, une infirmière témoigne : « Nos patients souffrent de la chaleur, surtout d’insuffisance respiratoire. On a vraiment du mal à les refroidir. »
Actuellement, de nombreux hôpitaux français sont vétustes, avec 60 % d’entre eux qualifiés de « passoires thermiques ». La majorité ne dispose pas de climatisation. À Nantes, un nouveau centre hospitalier, dont l’ouverture est prévue en 2028, est en construction. Ce dernier s’étendra sur 230 000 m² et sera équipé de climatisation, mais seulement dans 50 % des chambres d’hospitalisation, un choix critiqué par les syndicats.
La direction du CHU de Nantes justifie cette décision en mettant en avant des technologies comme le triple vitrage, qui permettrait de maintenir des températures intérieures plus fraîches. Pierre Nassif, directeur du pôle investissement du nouveau CHU, affirme que ce système pourrait faire baisser la température intérieure de 16 degrés. Cependant, un système de rafraîchissement d’air sera installé dans un tiers des bâtiments, considéré comme moins énergivore.
À Cosne-Cours-sur-Loire, le futur hôpital sera presque dépourvu de climatisation, privilégiant une conception écologique avec un toit végétalisé. Hicham Boujlilat, conseiller régional, souligne les limites de cette approche, indiquant que même avec une réduction de 8 degrés, des températures de 32 à 34 degrés demeurent inacceptables pour les patients, en particulier les personnes âgées.
Les professionnels de santé et les élus s’accordent à dire que l’absence de climatisation est davantage liée à des contraintes budgétaires qu’à des choix architecturaux. « Aujourd’hui, la seule chose qui bloque, c’est l’argent, c’est le budget », déclare Boujlilat.
Le gouvernement, tout en annonçant l’achat de 30 000 climatiseurs, n’a pas encore précisé leur répartition.
Source : Franceinfo
