Traitement hormonal de la ménopause : une hausse des utilisations, comment expliquer ce rebond ?
Une étude récente menée par des chercheurs d’Epi-Phare, un organisme associant l’Agence du médicament (ANSM) et l’Assurance maladie, révèle que le recours aux traitements hormonaux de la ménopause a augmenté entre 2022 et 2025. Cette tendance s’inscrit dans un contexte où, entre 2012 et 2022, l’utilisation de ces traitements avait chuté, en grande partie à cause des risques accrus de cancers du sein et de problèmes cardiovasculaires mis en lumière par une étude américaine très médiatisée.
Selon l’ANSM, près d’un demi-million de femmes étaient traitées par ces traitements hormonaux en 2025, représentant 4,4 % des femmes âgées de 45 à 60 ans. Ce chiffre marque une baisse significative par rapport à 2012, où le taux atteignait 6,6 %, avant de descendre à 3,6 % en 2022. L’agence précise également que les pratiques de prescription ont évolué, favorisant l’utilisation d’estradiol par voie transdermique et de progestérone micronisée.
Bouffées de chaleur et insomnie
Ces traitements, disponibles sous forme de comprimés, patchs, et autres, visent à améliorer la qualité de vie des femmes en atténuant certains symptômes tels que les bouffées de chaleur et les insomnies. Ils fonctionnent en délivrant des œstrogènes, souvent associés à des progestatifs, pour compenser la baisse de leur production par l’organisme. L’ajout d’un progestatif est essentiel pour réduire le risque d’hyperplasie et de cancer de l’endomètre chez les femmes ménopausées qui n’ont pas subi d’hystérectomie.
L’an dernier, la Haute autorité de Santé a souligné l’importance des traitements hormonaux dans la prise en charge des « troubles symptomatiques du climatère modérés à sévères » et dans la prévention de l’ostéoporose chez les femmes à risque fracturaire, avec une réévaluation annuelle minimale de la prescription.
Qui sont les nouvelles utilisatrices ?
L’étude a inclus toutes les femmes âgées de 40 à 70 ans ayant eu au moins une délivrance de THM entre 2012 et 2025. Les résultats montrent qu’à partir de 2022, le nombre d’utilisatrices a progressivement augmenté, atteignant 4,4 %, soit 496 245 femmes traitées en 2025. Entre 2012 et 2020, les nouvelles utilisatrices avaient été divisées par deux, mais à partir de 2025, elles ont retrouvé leur niveau de 2012, avec 107 949 femmes initiant un THM chaque année.
D’après l’étude, les femmes qui initient un THM ont un profil socio-économique plus favorisé, avec un recours accru aux soins, notamment en gynécologie, et une plus forte participation aux dépistages des cancers. Les initiations de traitement étaient principalement réalisées par des gynécologues libéraux (51 %), suivis par des généralistes (25 %), avec des disparités géographiques notables.
L’étude indique également que le traitement hormonal est majoritairement prescrit sous forme d’association de 17 beta estradiol et de progestérone micronisée ou d’hydrogestérone, représentant jusqu’à 75 % des prescriptions chez les femmes âgées de 45 à 60 ans. De plus, l’utilisation de la progestérone micronisée a augmenté de 40 %, tandis que le recours aux progestatifs de synthèse a diminué de 60 % au cours de la période étudiée.
Source : Traitement hormonal de la ménopause : près de 500 000 femmes traitées en 2025, une hausse des utilisations depuis 2022, ANSM, 26 juin 2026.
