Blue Origin : après l'analyse de l'échec, la New Glenn-4 bientôt autorisée à décoller ?

Blue Origin : Après l’analyse de l’échec, la New Glenn-4 bientôt autorisée à décoller ?

À la suite de l’échec de la mise sur orbite de son satellite lors du vol New Glenn 3, Blue Origin a dû s’expliquer. Les conclusions de l’enquête ont permis d’isoler la défaillance : une fuite cryogénique. La Federal Aviation Administration (FAA), qui autorise ou non les vols, a validé l’enquête, ouvrant la voie à de nouveaux tirs pour la fusée lourde de Blue Origin.

La crise aura été intense, mais de courte durée pour Jeff Bezos. Un mois après l’anomalie orbitale du vol NG 3, survenue le 19 avril 2026, Blue Origin a officiellement clos son investigation. La FAA a levé l’ordre de suspension de vol qui frappait le lanceur lourd New Glenn, apportant un soulagement à la société de Kent, qui doit stabiliser son calendrier pour espérer bousculer le monopole de son rival SpaceX.

Une fuite cryogénique identifiée

Le verdict technique est désormais clair. Lors du vol NG 3, si le premier étage réutilisable, nommé « Never Tell Me the Odds », a parfaitement réussi son retour sur une barge en mer, le second étage a connu une défaillance. Le rapport final pointe une fuite cryogénique au sein de l’étage supérieur. Cette fuite a entraîné le gel d’une ligne hydraulique, causant une perte de poussée sur les moteurs BE-3U. Incapable de maintenir sa trajectoire, la fusée a injecté le satellite de télécommunications d’AST SpaceMobile sur une orbite trop basse, condamnant la charge utile à une rentrée atmosphérique destructive dès le lendemain.

Pour corriger le tir, Blue Origin a soumis un plan comprenant neuf mes correctives. Bien que la FAA n’ait pas rendu publiques ces modifications techniques, elle a confirmé qu’elle s’asrait de leur mise en œuvre concrète avant d’accorder la licence du prochain décollage.

L’ombre géante du Starship V3

Cette réactivité n’est pas anodine : Blue Origin joue sa crédibilité commerciale. Pendant que New Glenn était cloué au sol, SpaceX a réussi à faire décoller la première version de son Starship V3 le 22 mai. Bien que le second étage d’Elon Musk ait connu l’extinction précoce de l’un de ses moteurs Raptor, les ordinateurs de bord ont compensé la trajectoire, prouvant la résilience du système.

Face au rythme de production rapide de SpaceX et à la maturité croissante du Starship, Blue Origin ne peut plus se permettre de perdre du temps. La NASA, qui compte sur la New Glenn pour lancer le module lunaire Blue Moon dans le cadre du programme Artemis, observe cette compétition avec attention.

Cap sur le vol NG 4

L’industrie spatiale se tourne désormais vers le pas de tir LC-36 de Cape Canaveral, où se prépare activement la mission NG 4. Ce vol sera le véritable test pour les correctifs appliqués au second étage. Blue Origin, qui vise une cadence élevée à terme, dispose de plusieurs réservoirs et structures déjà assemblés en usine.

Le vol NG 4 n’aura pas seulement pour but d’insérer une nouvelle charge utile en orbite. Il devra prouver que l’architecture de la New Glenn est fiable et prête à enchaîner les lancements. Dans cette compétition pour l’accès lourd à l’espace, Jeff Bezos sait qu’il a brûlé un joker. Le prochain vol devra être un sans-faute.

Source : Les Numériques

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