L’Afrique francophone cherche à dynamiser le financement des start-up
Quatre pays d’Afrique dominent les investissements dans les start-up, concentrant 80 % des financements prévus pour 2025 en Égypte, en Afrique du Sud, au Kenya et au Nigeria, selon un rapport du réseau d’investisseurs African Business Angel Network. Face à cette situation, l’Afrique de l’Ouest francophone s’efforce de développer ses propres champions technologiques afin d’attirer davantage de capitaux.
Maad, une start-up en pleine croissance basée à Dakar, a levé 3 millions d’euros en 2024. Grâce à une application mobile, elle facilite les commandes et la réception de produits pour les commerçants. Sidy Niang, cofondateur de Maad, souligne que, bien que le marché francophone soit plus petit et fragmenté, il présente l’avantage d’une concurrence moindre : « C’est le pari qu’on est en train de faire, c’est le pari de la saturation d’un marché. Aujourd’hui, la moitié des boutiques de Dakar passe commande chez nous. »
La réussite de la start-up de paiement mobile Wave, valorisée à 1,7 milliard de dollars et première licorne du Sénégal, a également ouvert la voie à d’autres initiatives. Sidy Niang note que la levée de fonds de Wave a renforcé la confiance des investisseurs : « Les gens disaient maintenant que c’était possible, alors qu’avant ce n’était pas possible. »
Des investisseurs locaux encore trop peu nombreux
Le secteur de la fintech, encore jeune en Afrique, souffre d’un manque d’investisseurs locaux. Marième Diop, fondatrice du réseau Dakar Network Angels, créé en 2018, s’efforce de bâtir la confiance parmi les investisseurs locaux, essentielle pour attirer des fonds étrangers. Elle constate une évolution positive : « On voit de plus en plus d’entrepreneurs qui comprennent le langage des investisseurs. »
Pour soutenir cette dynamique, Marième Diop appelle les États à adapter la législation afin de faciliter la circulation des capitaux. Elle préconise également des mes incitatives telles que des subventions et des prêts à taux zéro pour encourager l’entrepreneuriat.
La création d’infrastructures telles que des incubateurs et des accélérateurs est cruciale pour le succès des jeunes entrepreneurs, permettant ainsi de ne pas passer à côté des futures pépites économiques.
Source : African Business Angel Network