Nos communes : un avenir civique à réinventer

L’ouvrage de Benjamin Morel, intitulé Nos communes : un avenir civique à réinventer, publié par l’Institut Terram et les éditions Terre à terres de l’Aube, apparaît à un moment crucial alors que les élections municipales de mars 2026 révèlent une crise significative. Le taux de participation s’élève à 57,17 % au premier tour, soit une baisse de six points par rapport à 2014, et 68 % des communes n’ont enregistré qu’une seule liste de candidats. Cette situation est attribuée à plusieurs facteurs, notamment la démobilisation des jeunes, un sentiment d’affaiblissement du pouvoir des maires, l’imposition de la parité dans les petites communes, ainsi que la suppression du « panachage ». Il semble que cette crise soit davantage le résultat d’une érosion structurelle plutôt que d’un accident conjoncturel.

Morel souligne l’augmentation des démissions d’élus municipaux et le recul de 25 points, sur cinquante ans, du désir des Français d’être associés aux décisions concernant leur commune. Il décrit cette crise de l’engagement municipal comme une « crise de la République elle-même », plutôt qu’un simple « micro-problème » territorial. Historiquement, l’identité démocratique française reposait sur un équilibre entre la nation et la commune, considérée comme une « petite République dans la grande ».

L’ouvrage analyse les causes de l’érosion de la démocratie municipale, en présentant une généalogie des décisions qui ont affaibli ce modèle. Il évoque les baisses de dotations aux communes, l’absence d’autonomie fiscale, et les contradictions engendrées par la décentralisation, qui ont conduit à des inégalités croissantes entre les régions. Les intercommunalités, perçues par de nombreux citoyens comme déconnectées, ont également contribué à cette dégradation.

Morel ne se contente pas de dresser un constat alarmant ; il propose des pistes d’action pour revitaliser l’engagement local. Parmi celles-ci, la revalorisation du mandat local, la réduction des barrières à l’entrée pour devenir élu local, et la promotion de formes de participation plus horizontales. Il appelle également à renforcer le pouvoir des communes en leur redonnant des marges de manœuvre et en réaffirmant la clause de compétence générale dans la Constitution.

En conclusion, l’ouvrage déconstruit des remèdes souvent proposés qui pourraient aggraver la situation des communes, comme la fragmentation normative ou le passage à un système fédéral. Morel plaide pour une refondation civique des communes, les considérant comme essentielles à une République unitaire où l’on peut encore débattre et participer activement. Il revient ainsi à la législation, aux élus et aux citoyens de décider du rôle futur des communes dans la République.

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