Avec la canicule, les élevages face à une hécatombe : combien de bêtes mortes ?
Conséquence de la canicule, des volailles, des cochons et, dans une moindre me, des vaches, périssent dans les élevages. Les entreprises d’équarrissage ne parviennent pas à répondre à la demande d’évacuation des cadavres. Des trous sont creusés dans la terre pour ensevelir une partie des animaux morts.
En 2003, entre 4 et 6 millions de volailles avaient succombé à la canicule. Actuellement, la situation semble tout aussi préoccupante. Contacté le 25 juin, Yves-Marie Beaudet, président de l’interprofession des producteurs d’œufs, a signalé un afflux d’appels d’éleveurs en détresse. Les animaux souffrent d’arrêt cardiaque ou respiratoire, car contrairement aux humains, les oiseaux ne transpirent pas. Les bâtiments d’élevage ne sont généralement pas conçus pour des températures extrêmes. Certains volaillers rapportent des pertes allant jusqu’à 25 % de leur cheptel.
La chambre régionale d’agriculture de Bretagne évoque une « mortalité exceptionnelle » parmi les volailles et souligne « l’extrême gravité de la situation ». Pour les bovins et les cochons, le risque existe, mais les pertes sont moins importantes. Carole Joliff, présidente du comité régional porcin de Bretagne, n’a pas constaté de « vague de surmortalité ».
Les chiffres officiels sont difficiles à obtenir, car les inspecteurs de la DDPP (Direction départementale de la protection des populations) ont été invités à suspendre leurs contrôles dans les exploitations agricoles, selon la ministre de l’Agriculture, Annie Genevard. Dans un communiqué du 23 juin, son ministère a annoncé le report temporaire des contrôles jusqu’à la fin de la période de vigilance rouge pour canicule.
Dans l’Ouest, les sociétés d’équarrissage sont submergées. À Plouvara, dans les Côtes-d’Armor, l’usine de la Secanim a reçu, en deux jours, l’équivalent d’une semaine habituelle de chargements de cadavres. Ces animaux sont incinérés, un processus énergivore en raison de leur forte teneur en eau.
D’après Ouest-France, une source préfectorale indique qu’en Ille-et-Vilaine, le 24 juin, « plus de 330 tonnes de volailles mortes étaient en attente d’enlèvement dans une quarantaine de communes ». Dans le Morbihan, le 22 juin, 330 tonnes de volailles, soit environ 165 000 animaux, n’avaient pas pu être prises en charge.
L’enfouissement, habituellement interdit, a été exceptionnellement autorisé par les préfets. La Chambre d’agriculture de Bretagne a précisé que pour les volumes inférieurs à 3 tonnes par exploitation, les éleveurs peuvent enfouir les cadavres jusqu’au 1er juillet 2026. Pour des volumes supérieurs, un hydrogéologue mandaté par la DDPP doit vérifier la possibilité d’enfouir.
Cependant, ces hydrogéologues sont submergés par les demandes, ce qui entraîne des analyses à distance, basées sur des photos et des relevés topographiques, sans vérification sur le terrain. Cela soulève des inquiétudes quant à une potentielle contamination bactérienne de l’eau.
Source : Ouest-France