Boualem Sansal quitte Gallimard pour Grasset, une décision liée à sa détention en Algérie
L’écrivain franco-algérien Boualem Sansal a annoncé son départ de la maison d’édition Gallimard pour rejoindre Grasset, une maison du groupe Hachette, propriété de Vincent Bolloré. Dans une tribune publiée dans Le Monde le 17 mars 2026, Sansal explique que cette décision découle d’une divergence survenue durant sa détention en Algérie.
Sansal, gracié en novembre 2025 après un an de prison, précise que durant cette épreuve, son éditeur historique a opté pour une « démarche diplomatique » pour le défendre, une approche qu’il respecte mais qui ne correspond pas à sa propre ligne de résistance face au régime algérien. L’écrivain affirme : « La divergence qui explique aujourd’hui mon départ est née pendant ma détention en Algérie. »
Il critique le fait d’avoir été gracié plutôt qu’acquitté, ce qui le laisse juridiquement condamné à cinq ans de prison, tout en étant exilé et privé de sa nationalité algérienne. Il précise que cette situation est « moralement et juridiquement inacceptable ».
Sansal a choisi de quitter Gallimard après avoir eu une discussion respectueuse avec Antoine Gallimard, exprimant qu’il n’y a pas de rancune entre eux. Ce transfert a été annoncé lors de la célébration du 200e anniversaire d’Hachette Livre.
Jean-Marie Laclavetine, l’éditeur historique de Sansal, a exprimé ses regrets dans une tribune publiée dans Libération, critiquant le choix de l’écrivain de rejoindre Grasset et dénonçant une « gratitude sélective ». Sansal, en réponse, a précisé qu’il ne connaissait pas Bolloré et a demandé que les critiques à son encontre soient formulées directement.
Source : Le Monde, Libération
