Décors grandioses, artisanat traditionnel… L’Arizona, terre sacrée des Navajos

Décors grandioses, artisanat traditionnel… L’Arizona, terre sacrée des Navajos

Des chants envoûtants s’élèvent de la grande scène de l’Indian Festival, à Scottsdale, en Arizona. Au rythme des tambours et des flûtes, les danseurs navajos, vêtus de leurs « régalias » – tenues traditionnelles avec couvre-chefs à plumes, jupes et blouses à franges en daim, mocassins brodés parés de perles et de turquoises – captivent les visiteurs par l’élégance de leurs gestes. Après la « danse des cerceaux », dont les figures symbolisent le cycle infini de la vie, place aux « femmes aux paniers », puis aux Zunis, venus du Nouveau-Mexique.

Pendant tout un week-end, la ville de Scottsdale, au cœur de la réserve tribale, entourée des montagnes McDowell et située aux portes du désert Sonora, célèbre la Nation navajo. Ce territoire semi-autonome de 71 000 kilomètres carrés s’étend sur quatre États : l’Utah, le Colorado, le Nouveau-Mexique et l’Arizona. Dans ce dernier État vivent 22 tribus, dont les Hopis, les Apaches et les Yavapais.

Le festival indien met en scène l’histoire et la diversité culturelle de ces peuples et valorise leur savoir-faire artisanal (vannerie, joaillerie, poterie, tissage) et culinaire. La rencontre de guides et d’artisans locaux ainsi que la visite de sites majeurs et grandioses – comme Salt River, le canyon de Chelly, Monument Valley, Antelope Canyon ou les mesas de Moenkopi – plongent les visiteurs au cœur de la culture amérindienne.

Remonter le temps à la Forêt Pétrifiée

Avant de prendre la route vers les grands espaces dans le nord de l’État, direction Salt River, territoire des Pimas-Maricopas depuis quatre mille ans, entre Scottsdale et Phoenix. Rebecca Thomas, représentante de la Nation navajo, accueille les visiteurs dans un complexe de loisirs avec golf et spa. Une exposition permanente d’objets du quotidien et de photographies des Indiens piipaash et o’odham, réputés pour leurs céramiques et vanneries, y occupe un espace privilégié.

En quittant la ville, les premiers « saguaros » (cactus géants) se dressent à l’horizon avant de laisser place au décor minéral de la Crystal Forest. En suivant les chemins du parc national de la Forêt Pétrifiée, on découvre des centaines d’arbres fossilisés, vestiges d’une forêt tropicale vieille de 200 millions d’années. Ce paysage se prolonge jusqu’aux badlands de Blue Mesa, où des strates bleues, violettes et grises témoignent du soulèvement du plateau du Colorado. Près de 650 pétroglyphes, attestant d’une présence humaine avant que la région ne devienne désertique, y ont été découverts.

Admirer l’artisanat local à Moenkopi

À Moenkopi, un « Sentier des arts hopis » a été tracé dans les trois mesas hopis pour aller à la rencontre des artistes locaux. Duane Tawahongva réalise des bijoux en argent inspirés de symboles qui « véhiculent une énergie positive pour ceux qui les portent ». Dans l’arrière-boutique d’Iva Honyestewa, les fibres et branches de yucca, de saule et de sumac sont prêtes à servir au tressage de ses paniers qui lui ont valu plusieurs titres prestigieux.

Plonger dans le décor des grands films hollywoodiens à Monument Valley

La fin d’après-midi est le meilleur moment pour explorer le parc tribal navajo de Monument Valley. À bord d’un 4×4, accompagné d’un guide navajo, on découvre des formations rocheuses qui se détachent sur l’horizon. Les panoramas spectaculaires se multiplient, permettant aux visiteurs de plonger dans les décors des grands films hollywoodiens.

Y aller : Air France propose des vols directs Paris-Phoenix à partir de 730 € l’aller-retour. Une demande d’autorisation de voyage (Esta) est obligatoire avant le départ. Les Navajos, représentant le plus grand peuple amérindien des États-Unis, vivent sur leurs terres ancestrales depuis la signature d’un traité en 1868 avec les États-Unis. Tous les sites touristiques situés dans la réserve sont entièrement gérés par les communautés.

Source : leparisien.fr

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