Frontignan : Vent mauvais pour les amoureux de la glisse en liberté
La préfecture maritime pourrait envisager une interdiction d’accès à l’étang d’Ingril pour les véliplanchistes et wingsurfeurs, une nouvelle qui suscite l’inquiétude parmi les pratiquants. Cette décision potentielle pourrait également aggraver la saturation des autres sites de glisse, souvent moins sécurisés, notamment en mer, lors de conditions de tramontane. La cohabitation avec les pêcheurs professionnels est mise en avant comme raison de cette restriction, une affirmation que conteste Delphine Termignon, présidente du Thau Kite Club.
Ce dimanche de Pentecôte, l’étang d’Ingril se présente calme, sans aucune voile à l’horizon. Ce lieu, reconnu depuis plus de cinquante ans pour sa sécurité et son attractivité pour les néophytes, pourrait perdre son statut de site de glisse prisé. Delphine Termignon a lancé une pétition et organisé un rassemblement pour défendre l’accès à cette lagune.
Un nouvel arrêté préfectoral doit être publié prochainement, mais la préfecture maritime a décliné toute communication à ce sujet, se réservant la possibilité de discuter avec la municipalité de Frontignan. Selon Termignon, jusqu’à cinquante pratiquants par jour pourraient être exclus, ce qui pourrait entraîner une surcharge d’autres sites, augmentant ainsi le risque d’accidents.
Actuellement, un arrêté réglemente déjà l’usage de l’étang, avec une zone de navigation partagée. Termignon souligne que les conflits passés entre pêcheurs et pratiquants de glisse ont été apaisés par des discussions et des compromis. Cependant, la récente réunion sur la révision de cet arrêté a laissé les pratiquants dans l’incertitude, alors que des voix s’élèvent pour réclamer l’exclusion des sports de glisse.
Une commission nautique consultative se tient ce mardi, mais les pratiquants libres ne sont plus membres permanents de cette instance. La municipalité, selon Termignon, semble éviter de prendre position, laissant ainsi le champ libre à la préfecture maritime pour imposer ses décisions.
Les pêcheurs, comme Jean-Marie Ricard, expriment également leurs préoccupations face à la surfréquentation de l’étang, affirmant que les pratiquants ne respectent pas les règlements en place. La biodiversité de la zone, autrefois riche, souffre de cette situation.
Si cette interdiction se concrétise, les conséquences pourraient être significatives, entraînant une surcharge des autres sites de glisse et potentiellement leur fermeture.
Source : Olivier Schlama
