Starlink et l’ISS menacés : Une explosion de fusée chinoise génère 100 débris supplémentaires
Une centaine de débris spatiaux supplémentaires flottent en orbite terrestre basse depuis le 9 juin 2026. Ce jour-là, l’étage supérieur d’une fusée chinoise a explosé, probablement lors d’une manœuvre de désorbitation ratée, après avoir déployé deux satellites de communication. Ces morceaux circulent entre 335 et 424 kilomètres d’altitude, dans l’un des couloirs orbitaux les plus fréquentés au monde. La Chine est à l’origine de trois des quatre pires épisodes de fragmentation orbitale de ce siècle.
La Chine multiplie les explosions de fusées et les débris spatiaux en orbite
La fusée Zhuque-2E, construite par l’entreprise privée LandSpace, avait accompli sa mission sans incident. Cependant, son étage supérieur a explosé peu après le déploiement des deux engins. La Force spatiale des États-Unis a confirmé l’événement sur le site space-track.org, sans identifier de menace immédiate pour les vols habités.
Ce type d’incident n’est pas nouveau. En 2007, la Chine avait détruit son satellite météorologique Fengyun-1C lors d’un test antisatellite, libérant 3 500 fragments. Deux explosions de fusées Long March 6A ont ensuite dispersé environ 500 débris spatiaux en 2022, puis entre 700 et 900 en 2024. Selon l’analyste Darren McKnight, chercheur chez LeoLabs, trois des quatre événements majeurs de fragmentation orbitale sont d’origine chinoise.
La tendance s’accélère, avec une augmentation de 150 % de la masse totale des corps de fusées chinois abandonnés sur des trajectoires de longue durée en cinq ans. Pendant ce temps, les États-Unis et la Russie réduisent progressivement leur production de déchets orbitaux. Le seul événement non chinois parmi les quatre pires du siècle reste la destruction du satellite russe Cosmos 1408 en 2021, qui a généré 1 800 pièces.
Les débris spatiaux menacent Starlink et la Station spatiale internationale
La zone de fragmentation recoupe directement la trajectoire de centaines de satellites Starlink de SpaceX, qui volent à des altitudes encore plus basses, les exposant davantage. Actuellement, la constellation compte plus de 6 000 engins actifs dans cette région de l’espace. La Station spatiale internationale circule également à une altitude similaire, autour de 400 kilomètres. La traînée atmosphérique résiduelle pousse les débris vers des altitudes plus basses, mais une explosion plus haute aurait des effets durables, car les éléments pourraient rester dans l’espace pendant plusieurs décennies.
Solutions pour éviter la pollution orbitale
Les agences de lancement disposent de plusieurs méthodes pour limiter les risques. La désorbitation contrôlée permet de ramener les étages usagés vers la Terre sans perte de contrôle. La passivation consiste à vider les réservoirs de carburant résiduel pour éviter toute explosion par surpressurisation. Les objets en zone géostationnaire peuvent rejoindre une zone cimetière, éloignée des infrastructures actives.
Sans mes renforcées, le risque d’un effet domino reste préoccupant. Ce phénomène, connu sous le nom de syndrome de Kessler, survient lorsqu’un fragment percute un engin actif, générant de nouvelles pièces qui provoquent à leur tour des collisions en chaîne. Actuellement, plus de 45 000 objets artificiels circulent en orbite basse, et chaque nouvel incident augmente la probabilité d’une réaction en chaîne incontrôlable.
Source : SpaceNews, Force spatiale des États-Unis
