Le Canadien | Un attaquant russe de plus, à défaut d’un coup de circuit
Kent Hughes, directeur général du Canadien, aime bien réaliser des coups d’éclat le jour du repêchage. Cette fois, ce n’est pas arrivé.
Ce n’est pas faute d’avoir essayé, mais il a conclu sa soirée sans avoir pu améliorer sa formation à court terme sur le marché des transactions. L’organisation a néanmoins ajouté un joueur à sa banque d’espoirs. Pour ce faire, pour la troisième année de suite, elle a pigé en Russie avec sa première sélection. Au 26e rang, le CH a jeté son dévolu sur l’attaquant Gleb Pugachyov.
Pour l’obtenir, le club avait préalablement avancé de deux échelons, cédant son propre choix de premier tour (28e) et un choix de troisième tour en 2027 aux Golden Knights de Vegas.
Pugachyov succède ainsi à Alexander Zharovsky (34e en 2025) et à Ivan Demidov (5e en 2024) dans cette tangente résolument russe du Tricolore.
Ce colosse de 6 pi 3 po, né au Kazakhstan mais identifié comme un représentant de la Russie, est vanté pour sa robustesse. Il pèserait par ailleurs « plus de 200 lb », selon Hughes, estimation qui se situe entre les 198 lb et 224 lb que lui attribuent différentes sources d’information.
Projeté au neuvième rang du classement des patineurs internationaux de la Centrale de recrutement de la LNH, il a passé l’essentiel de la dernière saison dans la MHL, circuit junior de Russie, amassant 24 points en 33 matchs. Il a aussi disputé 15 matchs dans la VHL, équivalent de la Ligue américaine, et 13 autres dans la KHL avec le Torpedo de Nizhny Novgorod. Le DG du Tricolore ne s’est pas avancé sur les modalités du contrat le liant au Torpedo, mais TVA Sports a indiqué qu’il avait en poche une entente valide pour deux ans.
Le CH avait apparemment Gleb Pugachyov en haute estime et avait essayé de s’avancer plusieurs fois dans la soirée, sans succès. Kent Hughes a raconté que Martin Lapointe, codirecteur du recrutement amateur avec Nick Bobrov, était la personne la plus emballée dans la pièce lorsque la sélection du jeune homme a été confirmée.
« Martin aime les joueurs robustes », a dit le gestionnaire en souriant, vantant par ailleurs le sens du jeu et la polyvalence de son nouveau protégé. Malgré une production offensive modeste dans les rangs professionnels, nuancée par une utilisation limitée vu son jeune âge, Hughes évalue qu’il est plus près de la LNH qu’il n’y paraît, principalement en raison de sa « maturité » physique.
Invité à comparer Pugachyov à un joueur actuel du circuit, le DG a répété une vieille blague en rappelant que tous les jeunes joueurs se comparent à des membres du Temple de la renommée avant d’être repêchés. Il a néanmoins ajouté, un peu du bout des lèvres, que ses recruteurs « parlent d’un gars comme Tom Wilson ».
Comme il s’agit d’un choix de fin de premier tour, dans la zone des Filip Mesar, Ryan Poehling et autres Nikita Scherbak de ce monde, on le comprendra de ne pas s’être perdu en dithyrambes.
Kent Hughes est demeuré évasif quant à savoir s’il s’attendait ou non à effectuer une sélection vendredi soir.
Il n’a pas caché, en effet, avoir été très actif dans l’espoir de conclure une ou plusieurs transactions afin d’aider son équipe dès la rentrée automnale. On a toutefois vu au cours des derniers jours les prix s’enflammer pour des joueurs d’impact. Les choix de premier tour, notamment, se sont échangés comme des bonbons.
Seulement vendredi, Pavel Dorofeyev (de Vegas à New York), Mason McTavish (d’Anaheim à St. Louis) et J.J. Peterka (de l’Utah à Boston) ont chacun coûté deux choix de premier tour, tandis que les Red Wings de Detroit en ont obtenu un en retour du gardien Sebastian Cossa, parti en Utah.
La faiblesse de la cuvée des joueurs autonomes sans restriction de cette année et le nombre plus faible d’équipes en reconstruction que par le passé ont eu un effet direct sur le marché des transactions, a estimé Hughes. Conséquemment, beaucoup d’équipes ont « décidé d’écouter davantage » au sujet de joueurs qu’elles n’auraient pas nécessairement eu l’intention d’échanger. Or, les prix fixés étaient très élevés.
Le fait que le Canadien soit passé de vendeur à acheteur change également la position de force dans les négociations ainsi que la durée de celles-ci, a encore noté l’administrateur. L’été est encore jeune, a-t-il prévenu : « On garde l’esprit ouvert. Ça ne veut pas dire qu’il n’y aura pas de transactions en juillet, en août ou en septembre… »
L’état général de son club marque aussi un changement avec les dernières saisons mortes. On ne cherche plus seulement à « ajouter du talent », mais à combler des besoins spécifiques. On cible ainsi des joueurs qui ne sont pas nécessairement rendus disponibles. De là naissent les nombreuses « conversations » auxquelles Hughes fait référence, bien que celles-ci n’aboutissent pas forcément – ce qui est justement le cas jusqu’ici.
Un peu comme l’avait exprimé la veille Jeff Gorton, président des opérations hockey, certains espoirs montréalais sont en demande, et la direction ne les échangera pas sans avoir la nette impression de réaliser une bonne affaire. On ne cherchera pas non plus à rivaliser avec les décisions de rivaux de division qui fourbissent leurs armes.
« On va explorer des choses, mais on ne va pas faire d’échanges juste pour en faire », a résumé Kent Hughes. « Mais si on peut faire quelque chose qui va nous aider maintenant et pour longtemps, on ne sera pas gênés. »
Et même si les longues heures au téléphone n’ont pas été fructueuses jusqu’à présent, « je ne vais pas arrêter d’appeler », a-t-il promis.
(Source : La Presse Canadienne)
