« Je craque » : le désarroi des soignants face à l’afflux d’animaux sonnés par la chaleur

Je craque : le désarroi des soignants face à l’afflux d’animaux en détresse

Maisons-Alfort (Val-de-Marne), reportage — Le centre de sauvetage des animaux sauvages de Maisons-Alfort, situé au sud-est de Paris, fait face à une situation alarmante. Depuis trois jours, une file d’attente se forme chaque matin, avec des dizaines de personnes apportant des animaux en détresse, souvent placés dans des boîtes en carton dotées de trous pour laisser passer l’air.

Le 25 juin, une heure après l’ouverture, 49 animaux avaient déjà été recueillis, un chiffre équivalent à celui observé en pleine saison hivernale, selon Julie Piazza, vétérinaire de l’association Faune Alfort. Ce même jour, le centre a enregistré 140 animaux en détresse, un chiffre trois fois supérieur à celui d’une journée d’hiver.

Les oiseaux, premières victimes de la chaleur

Parmi les animaux secourus, de nombreux oiseaux, notamment des martinets, des hirondelles et des goélands, sont particulièrement touchés. Ces espèces, qui nichent sous les toits, sont particulièrement vulnérables aux vagues de chaleur. La canicule précoce de cette année coïncide avec la période de nidification, entraînant une chute des jeunes oiseaux du nid pour échapper à la chaleur. Des bénévoles s’affairent à nourrir ces oiseaux fragiles, qui ne peuvent pas se nourrir au sol.

Une équipe mobilisée

À leur arrivée, chaque animal est examiné par une vétérinaire pour un diagnostic rapide. Ceux qui ont une chance de survie reçoivent des soins adaptés. En moyenne, les animaux passent deux à quatre semaines au centre avant d’être transférés à un centre de réhabilitation. Actuellement, 550 animaux attendent leur rétablissement à Mandres-les-Roses.

Cependant, tous ne survivent pas. Les cas trop graves, comme des ailes brisées, mènent parfois à des décisions d’euthanasie. Julie Piazza souligne l’urgence de rétablir les martinets avant leur migration, prévue fin août.

Une pression croissante sur les ressources

Le centre fait appel à une équipe de 500 bénévoles et 18 jeunes en service civique pour faire face à l’afflux croissant d’animaux. En 2025, Faune Alfort a accueilli 10 500 animaux, et une augmentation de 30 % des rescues a déjà été observée en 2026.

D’autres centres en France rencontrent des difficultés similaires. Étienne Bréhier, de l’association Chevêche 77 en Seine-et-Marne, a dû couper sa ligne téléphonique en raison du trop grand nombre d’appels. Il fait état d’un manque de soutien financier de la part des collectivités, soulignant que les structures comme la sienne ne reçoivent pas l’attention nécessaire.

Appel aux dons

Faune Alfort a lancé une campagne de financement afin de recueillir 80 000 euros, nécessaires pour couvrir environ la moitié des coûts de la haute saison. Les centres de soins pour la faune sauvage à travers le pays continuent de lancer des appels à l’aide pour faire face à cette crise croissante.

Source : Reporterre

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