Fébrilité en Afrique du Sud avant les marches contre l’immigration illégale
L’Afrique du Sud se prépare à une journée de manifestations prévue pour le mardi 30 juin 2026. Bien que cette date ne soit pas officielle, elle a été choisie par des groupes opposés à l’immigration illégale pour exiger le départ des étrangers en situation irrégulière.
Des marches sont attendues dans plusieurs villes du pays. Les autorités affirment être prêtes à gérer la situation, tandis que les organisateurs promettent des rassemblements pacifiques. Cependant, les populations immigrées expriment des craintes face à d’éventuels débordements et violences, rappelant les événements tragiques des manifestations xénophobes de 2008, qui avaient causé la mort de plus de 60 personnes, ainsi que les émeutes de 2021 ayant fait plus de 350 victimes.
Dans le quartier de Yeoville à Johannesburg, le sujet est omniprésent dans les discussions de la diaspora congolaise. Suzanne, une vendeuse de fruits et légumes, évoque son parcours : « J’ai quitté le Congo à cause de la guerre. Qu’est-ce que je vais faire ? Rentrer où ? Là où il n’y a pas la paix ? » Elle souligne qu’elle n’a pas de papiers depuis 2012, et que ses tentatives de renouvellement se heurtent à des refus.
Feza, qui vend des vêtements d’occasion, partage également ses inquiétudes : « Même les enfants, ça les rend tristes parce qu’ils savent que le 30 on doit nous chasser. Nous avons peur, car ces gens peuvent être violents. »
Monda, un artiste musicien, envisage de rester chez lui pour éviter tout danger : « Je vais renforcer les cadenas. »
Le gouvernement sud-africain a récemment annoncé des opérations de rapatriement volontaire pour ses ressortissants. La République Démocratique du Congo fait partie des pays concernés, aux côtés du Ghana, du Nigeria, du Mozambique et du Malawi. Selon des sources officielles, plus de 6 700 ressortissants malawites et près de 1 500 zimbabwéens ont déjà été rapatriés par bus ces deux dernières semaines.
Les tensions autour de l’immigration restent élevées, et les conséquences de ces manifestations pourraient avoir un impact significatif sur la cohésion sociale en Afrique du Sud.
Source : RFI
